Démantèlement du campement Notre-Dame – L’urgence d’un syndicalisme de solidarité

Nous vivons dans un État capitaliste. Il n’y a pas d’autres mots pour décrire ce monstre bureaucratique qui trace la ligne entre les vies qui comptent et celles qui ne comptent pas. Cet État attaque quotidiennement les personnes assistées sociales, celles en situation d’itinérance ou appartenant à des groupes sociaux minoritaires. Ces vies ne produisent pas suffisamment, faut croire !

Le 7 décembre 2020, des personnes en situation d’itinérance ont été expulsées de force par le SPVM après que des politiciens aient donné l’ordre à la police de démanteler le campement Notre-Dame. Trop lâches pour voir la misère humaine en face, aucun politicien n’était présent pour soutenir les personnes expulsées, à part quelques fonctionnaires de la ville présents pour aider à la logistique. On s’est caché derrière un soi-disant ordre d’éviction du Service d’Incendie de la Ville de Montréal. Celles et ceux qui étaient sur place, on bien constaté que c’était les policiers qui géraient la situation. Le feu de samedi dernier n’était qu’un prétexte…

L’autre grand absent de cette attaque contre ces personnes, c’est malheureusement le mouvement syndical. À part des membres du Syndicat industriel des travailleuses et travailleurs (SITT-IWW) et du Syndicat des Travailleuses et Travailleurs en intervention communautaire (STTIC-CSN), aucun.e dirigeant.e syndicaux de la CSN, de la FIQ, de la FTQ ou autre syndicat était présent.e en solidarité.

Cette absence soulève un problème important. Le syndicalisme corporatiste peine à s’inscrire dans une lutte sociale plus large contre les violences étatiques visant les populations vulnérables. Certes, il arrive que le syndicalisme corporatiste tente de faire bonne figure dans certains évènements comme lors de la Fête des travailleuses et travailleurs chaque premier mai. Mais c’est toujours sans participer à des actions directes ou encore à organiser une campagne de solidarité menant à une possible grève. Ce n’est donc jamais au front que sont présentes les grandes centrales syndicales lorsqu’il y a urgence d’agir pour soutenir des personnes comme celles vivant au campement Notre-Dame. Ce sont toujours des organisations marginales, des travailleuses et travailleurs du communautaire ou quelques citoyens, citoyennes qui sont solidaires avec celles et ceux que l’État attaque quotidiennement. 

En s’institutionnalisant, les syndicats ont non seulement réduit leurs actions à la sphère juridique, mais ont aussi abandonnées bon nombre de citoyens et de citoyennes qui subissent des violences de la part de l’État. L’action syndicale ne peut être efficace si elle se réduit à un post Facebook. Il faut plus, il faut s’indigner et participer activement à des actions de solidarité pour espérer transformer radicalement la société en quelque chose de plus égalitaire. Il faut sortir du milieu de travail et former une coalition avec tous les membres de la société qui subissent de l’oppression. Pour ce faire, le syndicalisme doit renouer avec ses racines combatives qui l’ont si bien défini autrefois. 

Cette simple absence du syndicalisme au démantèlement du campement Notre-Dame est symptomatique de l’état du mouvement syndical dans son ensemble. Chacun travail en vase clôt et ne lutte que pour une « bonne convention ». 

Pendant ce temps, la police s’occupe de déposséder des personnes d’un point d’ancrage où il était possible pour elles et eux de trouver de la solidarité. Une solidarité qu’elles ne trouveront vraisemblablement pas parmi les centrales syndicales et leurs dirigeant.es.  

Texte : Anarcho Crinqué
Crédit photo : Cédric Martin

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