Phénomène social non déclaré

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Les dynamiques coloniales entre les autochtones et les non-autochtones est un sujet nécessaire et important à aborder. Il y a tellement de choses à dire. Mais aujourd’hui, j’aimerais aborder un sujet qui est plutôt d’actualité au Québec : les violences sexuelles, psychologiques et physiques commises par des policiers que des femmes autochtones ont récemment dénoncées.

Il n’y a vraiment pas si longtemps, le génocide culturel des autochtones a été reconnu (par certain.e.s). L'(Ex) Premier Ministre du Canada, Stephen Harper, a catégoriquement refusé de nommer ce génocide culturel. L’assimilation forcée des autochtones, les mesures discriminatoires et le racisme structurel instauré par un état qui s’impose sur leurs terres ont renforcé les rapports inégalitaires.

En effet, les rapports de pouvoir entre les autochtones et les non-autochtones ont creusé un fossé social qui amène son lot de racisme.

Depuis les dernières décennies, environ 1180 cas de femmes autochtones disparues ou assassinées ont été rapportés au Canada. On assiste a un féminicide. À des violences qui sont perpétrées à des femmes parce qu’elles sont des femmes.

On n’en entendait pas beaucoup parler. Même dans les médias. Devant les demandes de faire une enquête, Harper a systématiquement refusé. Pourquoi? On ne le sait pas trop.

On sait tous et toutes que la situation aurait été différente si elles avaient été des femmes blanches. On sait que ces dossiers n’auraient pas été traités de la même façon, que ce soit par la population, les flics à qui les familles ont porté plainte, les médias, le gouvernement, etc.

Il y a à peine quelques semaines, Enquête, une émission de journalisme d’enquête à la télévision, a diffusé un reportage qui illustre bien ces rapports coloniaux, racistes et sexistes qui sont entretenus avec les femmes autochtones.

Des femmes de la ville de Val-D’Or ont dénoncé leurs agresseurs: des policiers de la Sûreté du Québec. Elles ont subi des violences sexuelles, physiques et psychologiques par des flics. Elles ont eu la force et le courage de témoigner, tout en ayant peur des représailles, des conséquences.

Elles pensaient que la job de ces policiers était de les protéger. Ils ont abusé de leur confiance, ils ont profité de leur position d’autorité et de pouvoir.

femmes autochtonesCes plaintes-là avaient été formulées il y a maintenant de ça 5 mois. Il s’est écoulé 5 mois depuis les premières plaintes de ces femmes à la déontologie policière, 5 mois depuis que le gouvernement a reçu une lettre expliquant ces violences que ces femmes ont subies, 5 mois que la ministre de la sécurité publique est au courant. Personne n’a bougé avant que le reportage d’Enquête ne soit diffusé. Après ça, la ministre de la sécurité publique vient nous brailler dans la face (pour par la suite prendre un congé de maladie pour se remettre de ses émotions), on suspend avec salaire les 8 policiers qui ont été accusés, et on dit que c’est le SPVM qui va enquêter là-dessus. Sérieux…

Après on se surprend que ces femmes avaient peur de dénoncer? Elles n’ont plus confiance en la police. Pis on met ce type d’histoires entre leurs mains?

Et ça, c’est seulement ce qu’on sait, et seulement à Val-d’Or. Depuis, une autre femme a dénoncé un policier sur la Côte-Nord.

Je vous rappelle que seulement 10% des agressions sexuelles font objet de plaintes formelles et que ce bas pourcentage est surtout causé par le manque de confiance envers le système judiciaire et la police.

Le backlash est assez intense depuis la sortie médiatique de ces violences envers les femmes autochtones. Des pages Facebook sont créées en solidarité aux policiers accusés, des médias sortent des articles sur la présomption d’innocence (qui est franchement malmené ici). On marginalise les témoignages de ces femmes autochtones en se basant sur des préjugés racistes, etc. En plus, les policiers de Val-d’Or essaient de crier à l’injustice pour essayer de ramener l’opinion publique de leur côté. Ils disent même qu’ils se sentent menacés. C’est pathétique.

Ces témoignages ne sont que la pointe de l’iceberg. Les problématiques de racisme, de colonialisme et de sexisme à l’endroit des communautés autochtones sont systémiques et se transposent dans nos rapports sociaux. Ces femmes viennent de nous donner une toute petite idée de ce qu’est leur réalité. On n’a pas besoin de regarder la télévision pour voir les conséquences du colonialisme et du racisme sur cette communauté. Ici même, à ce qu’on appelle Montréal, on peut le voir partout autour de nous. Nous nous devons de nous y attarder et de nous efforcer à comprendre cette réalité pour tenter de déconstruire ces rapports inégalitaires et surtout de faire en sorte que ces femmes soient en sécurité sur leurs propres terres.

ACAB

A. Sanchez

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