Critique : Guerrière (Kriegerin, 2013) de David Wnendt

Guerrière« Encore un autre film qui porte sur des boneheads qui finissent par se repentir… » C’est ce que je me suis dit quand j’ai lu le synopsis du film Guerrière (Kriegerin en version originale). Après des films comme American History X, Romper Stomper et autres Danny Balint, j’avais de la difficulté à voir ce qui n’avait pas encore été exploré dans le style « néo-nazi qui change d’idée ». Bien sûr, le fait que ce soit un film allemand à moins grand budget que ces grosses productions américaines était déjà un avantage en plus du fait que, pour une rare fois, le personnage principal était féminin.

C’est donc sans grandes attentes que j’ai commencé l’écoute de ce long-métrage. Premier point positif, selon moi, il n’y avait qu’une version originale allemande sous-titrée en français, ce qui, à mon avis, vaut beaucoup mieux qu’une mauvaise traduction comme c’est souvent le cas. Bien qu’Alina Levshin soit très crédible dans le rôle principal où elle joue Marisa, jeune skinhead girl néo-nazie, on finit quand même par retrouver le cliché de la bande de boneheads idiots qu’on peut voir dans Romper Stomper. C’est vrai qu’il est plutôt facile de croire que ce soit réellement une bande de brutes ignares, mais il ne faut pas non plus exagérer leur stupidité comme le montre la scène du début où ils et elle se promènent dans un train en marche et agressent chaque personne qui croise leur regard. Un peu plus de profondeur dans les personnages aurait été apprécié.

Alina Levshin dans le rôle de Marisa

La réalisation est très bonne et plutôt réussie, le jeu des acteurs et actrices est excellent et les costumes sont réalistes. Le seul point faible demeure le scénario qui manque de crédibilité et est redondant, particulièrement si on a déjà vu les autres films nommés plus hauts. C’est là le vrai talon d’Achille de Kriegerin qui n’innove pas vraiment malgré certains éléments nouveaux. Ainsi, bien qu’on aurait pu s’attendre à ce que David Wnendt, le réalisateur, mette plus l’accent sur la réalité des femmes dans les milieux néo-nazis, on voit plus une démonstration du côté « maternelle » de Marisa, cliché patriarcal s’il en est un, comme lorsqu’elle prend une plus jeune fille sous son aile et qu’elle tente de la sauver ou lorsqu’elle fait la rencontre d’un jeune afghan sans-papier et dans le besoin. C’est comme si on nous disait que le stéréotype féminin devait automatiquement être contradictoire avec l’idéologie nazie, ce qui pousserait Marisa à quitter le mouvement. Aucune explication politique plus sérieuse ne vient réellement expliquer la défection de la jeune femme.

Autre chose, je trouve quand même dommage qu’il ne soit aucunement fait mention d’un mouvement antifasciste, très présent en Allemagne, ou d’une quelconque résistance face au phénomène néo-nazi; c’est comme si toute la région était livrée aux boneheads sur un plateau d’argent. Ce n’est pas comme si c’était directement le sujet du film, mais bon, je praîche un peu pour ma paroisse… D’ailleurs, on se serait bien passé de la petite morale libérale de la fin.

Bref, Guerrière est un bon long-métrage sur le fond, mais qui n’innove pas assez par rapport aux autres films du genre. Selon moi, il vaut quand même la peine d’être vu. Je ne vous en dit pas plus. Vous devrez l’écouter pour en savoir d’avantage.

Bande Annonce :

Page IMDB : Kriegerin

Éric Sédition

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