Euro 2012 : Capitalisme sauvage, racisme, sexisme et nationalisme.

J’aime beaucoup regardé le soccer. L’Euro constitue d’ailleurs un très bon spectacle à ce niveau là que j’essaie de suivre une fois de temps en temps. Cependant, il ne faut pas oublier que derrière le spectacle se cache une très grosse machine (à sous) qui n’est pas des plus reluisantes. Un peu comme nous avons pu le voir dernièrement avec le Grand Prix de Formule 1 de Montréal, les gouvernements et les entreprises privées sont prêtes à bien des courbettes pour accueillir ce genre d’événements. Malheureusement pour le peuple, l’immense majorité des bénéfices se retrouvent entre les mains des entreprises privées et le peuple, qui sert de main-d’oeuvre bon marché pour nourrir, loger, et divertir les touristes, doit vivre avec la plupart des inconvénients.

Le gouvernement n’hésite pas lors de ce type d’événements à abolir plusieurs des droits de la population pour s’assurer « de la bonne marche », comme on a pu le voir à Montréal avec plusieurs arrestations dites « préventives ». L’Euro 2012 est accueillie conjointement par l’Ukraine et la Pologne qui ne font, évidemment, pas exception à la règle. C’est ainsi que des militantes de Femen, une organisation ukrainienne féministe qui se bat, entre autres, pour plus de démocratie et pour le respect des femmes et qui a beacoup utilisé l’Euro comme lieu d’action, ont été enlevées par un groupe d’hommes le 16 juin dernier. Les activistes de Femen ont d’ailleurs fait la manchette à plusieurs reprises pour avoir dénoncer, seins nus, le tourisme sexuel et la prostitution notamment. (voir ici ou ici)

Une militante de Femen lors d’un coup d’éclat en lien avec l’Euro.

Il n’est pas rare de voir, d’ailleurs, une tolérance au phénomène de la prostitution lors de ce genre d’événements. En effet, lors de la dernière Coupe du Monde de soccer, on avait légalisé la prostitution. Inutile de dire que l’exploitation sexuelle des femmes profite très rarement aux travailleuses du sexe… Mais pour le bien-être des patrons et des touristes (il faut bien que la très masculine clientèle de ce genre d’événements puisse se soulager entre deux matchs…) les gouvernements n’hésite pas à modifier les lois. « C’est vraiment dégueulasse le tourisme sexuel ailleurs, mais si ça peut attirer quelques touristes ici, pourqoi pas… » Évidemment, nous avons pu assister à une explosion du nombre de travailleuses du sexe en Ukraine et en Pologne pour le championnat européen et il serait très surprenant que les touristes aisés soient bien embêtés lors de leur « magasinage ».

Ce genre d’événements, où des équipes représentant des États-nations qui sont en compétition les unes contre les autres, vient évidemment exacerber la fibre nationalistes des partisans de soccer. En effet, et c’est ce qui me dégoûte particulièrement de ce genre de championnat, comment peut-il en être autrement lorsque l’on voit « son équipe nationale » affronter l’équipe d’un autre pays? Les marchandises à l’effigie des différents pays se vendent alors comme des petits pains chauds et ce sont les nationalistes qui sont les plus heureux de voir une telle vague d’adhésion à leur « patrie ».

Ce genre d’événements exacerbe le nationalisme comme on peut le voir ici avec les partisans de l’équipe nationale de l’Allemagne.

Bien évidemment, où il y a nationalisme, il n’est souvent pas très difficile de déterrer du racisme sous toutes sortes de formes. C’est ainsi que depuis le début de l’Euro 2012, plusieurs incidents racistes sont venus gâcher la fête. Ainsi, de 400 à 500 partisans de la Croatie ont invectivé le joueur italien Mario Balotelli (qui a la peau noire) en lui lançant une banane, en chantant des slogans racistes et en immitant des cris de singe. Le même manège s’est produit lors d’un entraînement de l’équipe des Pays-Bas mercredi le 6 juin. Il n’est d’ailleurs pas rare de voir dans les tribunes de ces championnats des bannières et des symboles néo-nazis…

Le soccer est l’un des sports les plus populaires du monde et des plus accessibles aux classes populaires. Il serait bien de voir plus d’organisations se lever et affirmer haut et fort leur opposition à un sport gangréner par le capitalisme, le sexisme et le racisme. Des  groupes de partisans qui militent contre ce qu’est devenu ce sport entre les mains des capitalistes existent, notamment en Europe. Par exemple, les ultras de l’Arsenal de Kiev prennent des positions politiques d’extrême gauche et doivent souvent affronter des hooligans néo-nazis très présents dans les stades d’Ukraine. (Voir ici)

P.S. Si le sujet du racisme dans les stades de soccer vous intéresse, je vous laisse ici un reportage, Stadiums of Hate, fait un peu avant l’Euro dans les stades ukrainiens et polonais aur les groupes d’ultras d’extrême droite. (En anglais, environ 30 min)
Stadiums of Hate

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