Entrevue avec Kroska : L’appel de la Oi!

Kroska

Entrevue avec Kroska, groupe oi! du Sud de la France qui roule sa bosse depuis une dizaine d’années, mais qui demeure néanmoins assez méconnu au Québec. Au menu : bière, oi! et antifascisme! À découvrir!

Premièrement, pour ceux et celles qui ne vous connaissent pas, pouvez-vous nous présenter le groupe et les membres qui le composent?

Salut tout le monde, alors voilà nous sommes les Kroska, 10 ans que ce groupe existe, à la base on voulait juste monter un groupe de ska, mais avec notre niveau musical et notre consommation de bières, bin Kroska a vu le jour! Le long de notre chemin, au fil de nos rencontres, notre évolution, on s’est aussi rapproché de la scène oi!

Le groupe a souvent changé de membres avec le temps, actuellement 4 gars, Franck à la batteuse depuis quasiment le début, Thomas bassiste presqu’aussi depuis le début, Jehan qui a toujours été dans le groupe, écrit et compose, chant/guitare, et le dernier arrivé Yo, en guitare rythmique, la moyenne d’âge : 25 ans!

Vous avez sorti votre premier album, L’appel de la Oi! en 2012, quel chemin avez-vous parcouru collectivement en tant que groupe depuis?

L'appel de la oi!Alors l’Appel de la Oi! fut notre premier album, on a eu des démos avant ça, mais il nous fallait passer le cap, on était obligé si on voulait évoluer! Avoir un support représentatif, avec un son travaillé, un livret pour les textes, c’est un peu la carte de présentation du groupe! Même si on a toujours préféré le live, le public chante mieux nos chœurs que nous hehe.

Et donc grâce à ce support, on nous a ouvert quelques portes, les labels, des projets (45T), des scènes (Belgique/Suisse/le Nord, l’Est, l’Ouest de la France). On a joué avec des gars de chez vous, La Gachette!! Très cool!!

Quels sont les moments marquants du groupe?

Des moments marquants… Les changements de gars dans le groupe, dus à des naissances, des déménagements. C’est assez dur d’avoir un groupe et de le faire durer, on se pose souvent des questions!

Sinon on est fier d’avoir fait un vinyle 45T, mais tiré à 250 exemplaires, donc il ne nous en reste plus..

Vous venez tout juste d’enregistrer votre second album, à quoi doit-on s’attendre de celui-ci?

En effet! On a enregistré donc notre second album en juin 2015, qui s’appellera «Guerrier Trojan»!

Cet album reflétera vraiment l’identité qu’on a aujourd’hui musicalement, on a trouvé notre style et on sait s’y tenir! Passages Oi! Couplets en ska, mélodies, chœurs, refrains…

Vos textes, dans L’appel de la Oi!, traitent beaucoup de classe ouvrière, d’amitié et d’antifascisme, doit-on s’attendre aux mêmes genres de thèmes pour l’album à venir?

Yes! Les sujets traiteront toujours de notre vie quotidienne, donc forcément de l’antifascisme, de ce pourquoi on est dans ce milieu, mais on aborde aussi d’autres sujets tel que le tatouage, la boxe… Bref ce qui nous touche!

On fait aussi chanter des potes tunisiens qu’on a connus en boxant sur une chanson!

Y’a-t-il des sujets sur lesquels vous désirez vous exprimer et que vous n’aviez pas encore touchés?

Il doit y avoir des centaines de sujets sur lesquels écrire. Après, chaque groupe doit avoir sa façon de composer. Pour la musique et les textes, c’est Jehan qui écrit, des fois 2 morceaux en 1 mois des fois rien pendant 3 mois. La musique et les écrits doivent refléter quelque chose de vrai et de sincère, de ressenti. Écrire, juste pour faire une chanson comme ça, n’est pas enrichissant et n’apaise pas ce besoin au fond de nous.

Bien qu’on sente une sensibilité clairement antifasciste et de gauche au sein du groupe, il est difficile de déceler un courant politique clair dans vos textes. Quelles sont vos positions politiques?

Tu résumes bien notre concept! Notre groupe est composé de 4 gars différents, on n’écoute pas la même musique, on n’a pas le même style vestimentaire. Ç’a toujours plus ou moins étonné certaines personnes du public, mais on en a fait notre force!

Kroska 2Parler purement que de politique, ce n’est pas notre domaine. Notre conscience est clairement antifasciste, on ne jouera jamais avec des groupes ambigus qui prônent l’apolitisme en traînant avec des personnes d’extrême droite.

Vous êtes issus du sud de la France, provenez-vous d’une ville en particulier?

En fait, on habite tous dans des villes différentes : Béziers, Montpellier, Toulouse, cela correspond aussi à l’Occitanie!

À quoi ressemble la scène skinhead/punk/antifasciste dans votre région ?

Dans la région, on a quelques concerts, quelques assos et labels, mais bon l’âge d’or n’est pas aujourd’hui!

On a commencé à jouer dans des squats, concerts sauvages, maintenant on n’en fait quasiment plus, il n’y a plus trop d’organisations pour ça… Alors on fait des concerts en salle, dans des bars. Chaque année on a droit à un groupe Québequois! Et on n’est jamais déçu! La Gachette, Horny Bitches, Action Sédition, et dernièrement, The Prowlers!

Avez-vous des groupes, peu importe le genre, à nous suggérer provenant de votre région ou de la France en général?

Alors quelques groupes des potes, on peut nommer Solidagité (punk’oi! Béziers), Les Affektés (punk style Sheriff) les Punk Haine Roll (punk Toulouse), BMB (hardcore), Motor Riot (street punk), groupe de notre ancien gratteux! Et pour finir un groupe de oi! de Toulouse, les Street Vengeance!

Quels sont les projets futurs du groupe?

Des projets, on en a! Avant de faire une tournée hors de France, il faut qu’on reparte sur de bonnes bases, badges, stickers, t-shirts, et puis on va bien finir par arriver à faire un clip!!

Finalement, avez-vous un message pour les gens du Québec? Pensez-vous un jour venir y faire un séjour?

Quand on entend parler du Québec, c’est toujours des avis positifs. Quand on rencontre des groupes du Québec on passe toujours de bons moments, donc on a forcément envie d’en savoir plus! Et si on a l’occasion de venir passer du temps chez vous, on en sera vraiment heureux! Pour l’instant ce n’est pas au programme, ça demande une grosse organisation! Mais bon, l’espoir fait vivre… Oi!

On se laisse avec la chanson Antifa de Kroska, un classique du groupe!

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Production Vinland : quand les fachos se déguisent en Vikings

Production Vinland

Le drapeau du Vinland. Bien que ce ne soit pas un symbole lié directement aux néonazis, ceux-ci le porte souvent.

Le drapeau du Vinland. Bien que ce ne soit pas un symbole lié directement aux néonazis, ceux-ci le porte souvent.

Les liens sont nombreux entre la culture viking et la culture de la suprématie blanche. En effet, outre le fait que les Vikings avaient la peau blanche et étaient un peuple germanique, on sait qu’Adolf Hitler a repris plusieurs éléments symboliques de la culture viking et qui sont tous liés à l’imagerie néonazie encore aujourd’hui : les runes SS, le soleil noir, la rune d’Odal, la rune du loup et la rune yggdrasil. L’odinisme (la version actualisée de la religion nordique ancienne) est également souvent associé aux mouvances d’extrême droite. De plus, la figure virile du guerrier blanc nordique qui est associé aux Vikings ne déplaît généralement pas aux adeptes de la suprématie blanche. Par contre, il est important de distinguer les fanatiques de culture médiévale nordique de ceux qui veulent se servir de cette culture à des fins politiques, comme dans le cas de l’entreprise Production Vinland.

Vinland est le nom donné environ en l’an 1000, par Leif Ericson, explorateur viking, à ce qu’on croit aujourd’hui être l’Amérique du Nord, plus précisément, la région du Golfe du Saint-Laurent. Les néonazis semblent vraiment obsédés par le concept du Vinland et l’utlisent à toutes les sauces, notamment pour le nom de leur regroupement (Vinlanders Social Club, Vinland Hammer Skins, Vinland Front Skinheads, Fils de Vinland etc.) de leur groupes de musique (Vinland Warriors, Vinland Anti-Christian Kommando), de leurs publications (Voice of Vinland) ou de leur entreprises comme dans le cas qui nous intéresse.

Nicolas Bergeron porte sur cette photo l'un de ses chandails du groupe Légitime Violence.

Nicolas Bergeron porte sur cette photo l’un de ses chandails du groupe Légitime Violence.

Selon son site web : « Production Vinland est une entreprise se spécialisant dans la reconstitution militaire et civile de l’Antiquité à la 2 eme Guerre Mondiale. Elle se veut un service pédagogique tout en étant ultra interactif ». L’entreprise est fondée en 2012 par Nicolas Bergeron, de Verchères, un néonazi affirmé présent à la fois dans la scène Black Métal et la scène bonehead (c’est un bon ami des membres du groupe de musique Légitime Violence notamment) en plus d’avoir été vu à plusieurs événements organisés par des groupuscules néonazis tels que Légion Nationale. Bergeron est en train actuellement de se faire un nom à travers l’ensemble de la scène médiévale au Québec, que ce soit dans les jeux de rôles grandeur nature, les foires médiévales, les événements de musique traditionnelle etc. On a, entre autres, pu le voir en scène dans la série documentaire Moyen Âge Québec présenté sur la chaîne Historia.

Une photo mettant bien en évidence le tatouage de Nicolas Bergeron.

Une photo mettant bien en évidence le tatouage de Nicolas Bergeron. « Me Ne Frego » était une devise du fascisme italien de Benito Mussolini.

Ainsi, Vinland Production et ses alliés, Les guerriers du Vinland Elag et l’Équipage, tous les trois liés à Nicolas Bergeron et ses ami-e-s proches, ont été représentés officiellement au Salon de la Passion Médiévale et Historique de Montréal, à Fêtons Ahuntsic-Cartierville, au Bazar Médiéval de Saint-Ligouri et même à la parade de la Saint-Patrick de Montréal. Production Vinland organise actuellement La Feste Viking qui aura lieu cette fin de semaine (20 et 21 juin) à Salaberry-de-Valleyfield en collaboration avec les autorités municipales.

On pourrait s’étendre plus en profondeur sur d’autres néonazis présents dans l’un ou l’autre de ces trois groupes de Vikings (notamment Steve Lavallée, bonehead de très longue date et batteur du groupe de musique Darkside entre autres, ou Karl MacLean, ancien membre du groupe de musique National Socialist Black Metal (NSBM) Pagan Flame), mais ce sont les projets de Nicolas Bergeron qui sont les plus préoccupants actuellement. Il est encore temps d’agir avant qu’il ne réussisse à passer pour quelqu’un de normal ayant une passion pour l’univers viking, car c’est loin d’être juste le cas.

La Feste Viking qui aura lieu cette fin de semaine, organisée par Nicolas Bergeron et son entreprise Production Vinland.

La Feste Viking qui aura lieu cette fin de semaine, organisée par Nicolas Bergeron et son entreprise Production Vinland.

Pour en savoir plus, voici un article paru dans le journal local de Valleyfield sur la Feste Viking : http://www.journalsaint-francois.ca/actualites/societe/2015/6/4/les-vikings-ont-grossi-leur-equipage.html

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Critique : Mossin Nagant, Mossin Nagant

Mossin Nagant, Mossin Nagant, Rusty Knife Records, 2015.

Album : Mossin Nagant
Groupe : Mossin Nagant
Labels : Rusty Knife Records (France) et Rumagna Sgroza (Italie)
Année : 2015

C’est lors d’un voyage en Espagne qu’un ami m’a fait part d’un groupe des Pays Basques qui venait de sortir un nouvel album et que je devais absolument découvrir. C’est ainsi que je me suis procuré le nouvel album éponyme de Mossin Nagant, groupe de oi! hispanophone. Le nom du groupe fait référence au fusil militaire utilisé par les forces soviétiques durant la seconde guerre mondiale et notamment popularisé par les tireurs d’élites tels que Vassily Zaïtsev, ce qui nous donne certains indices par rapport à l’idéologie politique de Mossin Nagant. On retrouve très peu d’informations sur le groupe, hormis qu’il avait un autre album à son actif, Redskin Sounds From Euskal Herria sorti en 2005 et qu’il se réclame du mouvement Rock Proletario Internacional.

Mossin Nagant2L’album commence en force avec une chanson éponyme suivi de Mr. Sam qui critique l’impérialisme américain. S’en suit 7 autres chansons avec une sonorité unique à la oi! hispanique et abordant les thèmes chers à tous les bons skinheads marxistes-léninistes de cette planète : la vie de la classe ouvrière, l’antifascisme, la lutte des classes et la révolution. Musicalement, on sent l’influence du rock proletario, voix et guitares pesantes avec une batterie aux sonorités plus oi! classique. J’ai particulièrement apprécié les chansons Escoria Traidora et Infierno. Définitivement, Mossin Nagant est un groupe à découvrir!

Je vous laisse avec un clip promotionnel fait par Rusty Knife Records sur la chanson Escoria Traidora

Page Facebook de Mossin Nagant : http://www.facebook.com/mossinnagant.kids
Site web de Rusty Knife Records : http://rustykniferecords.wordpress.com/releases/mossin-nagant/

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Which side are you on, Jacques?

Jacques Létourneau, président directeur-général de la CSN.

Jacques Létourneau, président directeur-général de la CSN.

Depuis plusieurs mois, face à l’austérité et à un capitalisme de plus en plus puissant, des gens, syndiqué-e-s, étudiant-e-s, sans-emplois, se mobilisent en vue d’une vraie lutte sociale au printemps. Depuis le début de cette campagne de mobilisation, les travailleuses et les travailleurs semblent très enthousiastes à la base, mais à chaque fois, le président de la CSN (Confédération des syndicats nationaux), Jacques Létourneau, sort de son trou pour faire une sortie publique en règle contre sa frange la plus combative.

CSNTout ça commence le 9 février dernier alors que Jacques Létourneau tient à préciser, dans une entrevue sur le collectif Refusons l’austérité, que « le mouvement syndical exclut la tenue d’une grève générale illimitée » (source). Bien qu’il soit peu probable, voire impensable, d’un jour voir la CSN en grève générale illimitée contre l’austérité, il serait intéressant de savoir dans quelle instance de la centrale il a été voté d’exclure ce moyen de pression. En effet, il semble que ça n’ait jamais été voté nul part et donc, que Jacques Létourneau en ait décidé ainsi. Le Syndicat des professeur-e-s du collège Marie-Victorin, membre de la CSN, a d’ailleurs tenu à le rappeler à m’sieur Létourneau dans cette lettre.

Ensuite, le 16 février, monsieur le président décide d’aller faire copain-copain avec le pdg du Conseil du patronat du Québec (CPQ) sur les plateaux de tournage de l’émission RDI Économie, ce qui lui vaut cette réponse de la part de syndicalistes en colère. Il faut dire que le CPQ est un lobby dont le rôle est d’aider les patrons à faire valoir leurs positions politiques, bref, exactement le genre d’organisation contre laquelle tout syndicat qui se respecte devrait être en opposition farouche.

Létourneau revient à la charge le 18 mars dernier, lorsque questionné sur les possibilités que les syndicats se solidarisent et fassent grève aux côtés du mouvement étudiant actuel contre l’austérité, il déclare : « même si un tel vote est pris en faveur de la grève – ce qui à ma connaissance s’est fait dans un ou deux cégeps chez nous -, ça ne veut pas dire pour autant que ces syndicats iront véritablement de l’avant » (source). Lire ici, nous allons sérieusement les en décourager.

1mai15Croyant probablement que ses appels au corporatisme ne sont pas assez suivis par la base syndicale, Létourneau décide donc, la semaine dernière, de publier ce texte en réponse aux nombreux votes de grève sociale pour le 1er mai qui se tiennent actuellement dans les syndicats d’enseignants et d’enseignantes un peu partout au Québec. On pourrait d’ailleurs le résumé à : « nous appuierons nos membres qui voteront la grève, MAIS ce n’est surtout pas le moment de prendre de tels votes ». Bref, m’sieur le président sait ce qui est bon ou pas pour vous, donc si vous voulez faire la grève, attendez qu’il juge que ce soit le moment, mais sachez qu’il préfère les grandes parades aux grèves, il peut en profiter pour faire des entrevues avec des journalistes moins hostiles.

Ajoutant l’insulte à l’injure, Jacques Létourneau a décidé d’aller encore plus loin dans son entreprise de sabotage en accordant cette entrevue aux jambons de Radio X Québec sur le thème du mouvement étudiant de grève contre l’austérité. Évidemment, les radios poubelles sont bien connues pour leur haine du progrès sociale et du syndicalisme, mais m’sieur le président sait se montrer convaincant lorsque vient le temps de se dissocier d’un mouvement social provenant de sa base syndicale, alors imaginez lorsque ce mouvement provient de l’extérieur! Dominic Maurais, le jambon animateur de Radio X, en a même profité pour remplir sa chronique dans le Journal de Montréal avec des extraits de son entrevue avec Létourneau, le qualifiant de « profondément terre à terre » et de « raisonnable ». Rappelons pour l’occasion que Jacques Létourneau a déjà, lui-même, été sur le conseil exécutif de l’ANEEQ (Association Nationale des Étudiantes et Étudiants du Québec), en quelque sorte l’ancêtre de l’ASSÉ actuelle, reconnue pour son syndicalisme étudiant démocratique et combatif. Les temps changent…

À la lumière des dernières interventions médiatiques de Jacques Létourneau, il convient de se demander de quel côté de la ligne de piquetage ce dernier se retrouve. Du côté des radios poubelles ou de celui du mouvement de grève sociale? Du côté du gouvernement ou de sa propre base syndicale? Du côté du Conseil du patronat ou des travailleurs et des travailleuses? Poser la question, c’est un peu y répondre… Maintenant, c’est aux membres de la CSN à ne pas se montrer complices de telles déclarations et à prouver que la solidarité est notre arme face à l’austérité.

En terminant, nous dédions cette chanson historique du mouvement ouvrier, interprétée ici par le groupe Dropkick Murphys, à Jacques Létourneau, en espérant que ça le fasse réfléchir un peu.

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Street Dogs montrent la porte à des néonazis

Le groupe punk rock Street Dogs, de Boston, n’y est pas allé de main morte face à des néonazis qui étaient venus assister à l’un de ses concerts la fin de semaine dernière dans le cadre des activités reliées à la Saint-Patrick. Le concert avait lieu à la House of Blues d’Anaheim, en Californie.

Street DogsUn groupe de boneheads aurait commencé à s’afficher et à rudoyer les personnes racisées dans le moshpit alors que Street Dogs jouait. C’est alors que le chanteur, Mike McColgan, a demandé à la foule : « Who here believes all men are created equal ». Alors que la foule, exception faite des nervis d’extrême droite, acclamait les propos du chanteur, ce dernier en a remis en soulignant que l’on n’était plus en 1939 et que les gens qui en jugeait d’autres par rapport à leur couleur de peau étaient des retrograde losers qui devraient sortir du concert.

Les néonazis n’ayant pas compris le message ont décidé de rester sur place et l’un d’eux est même aller jusqu’à faire un salut hitlérien au groupe. Comme c’est souvent le cas avec l’extrême droite, les mots ont très peu d’impact, alors il a fallu augmenter la pression. Comme le démontre le vidéo ci-haut, le groupe a donc arrêté de jouer pour se lancer sur les fascistes et faire le ménage dans l’assistance, le guitariste Lenny Lashley en premier lieu. Des spectateurs sont rapidement venus prêter main forte aux musiciens.

Après « l’incident », le groupe a terminé sa prestation comme à l’habitude, malgré que Lashley ait reçu une chaise de la mezzanine durant l’altercation. C’est le genre de geste qui aide toujours un groupe de musique à gagner des points. Face à l’extrême droite, ne faisons aucun compromis. Bravo Street Dogs!

On se laisse sur une bonne chanson syndicaliste de Street Dogs, There Is Power in a Union, tiré de l’album Fading American Dream :

Pour en savoir plus sur Street Dogs : http://fr.wikipedia.org/wiki/Street_Dogs

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L’AgitéE fermera ses portes en juin

L'Agitée

Le Café-bar-spectacle l’AgitéE de la ville de Québec fermera ses portes le 30 juin prochain. En effet, les membres de la coopérative, située dans le quartier St-Roch, réuni-e-s en assemblée générale ont décidé de mettre fin à l’aventure qui durait depuis 9 ans. Des problèmes d’ordre financier, notamment dus à une baisse de l’achalandage dans les concerts de cette ville, sont à l’origine de la décision. Il semble que la campagne de financement « Aime ton AgitéE », lancée par les membres de la coopérative récemment, n’ait pas suffi à garder le bar-coop en vie, malgré qu’elle ait dépassé les objectifs initiaux.

Avec la mort de l’AgitéE, c’est sur un grand pan de l’histoire militante et contre-culturelle de la ville de Québec qu’on tourne la page. En effet, ce lieu était ouvert à tous et à toutes pour y organiser concerts, spectacles, conférences, ateliers, réunions politiques et ce, depuis le 14 septembre 2006. De nombreux projets politiques y sont probablement nés et de nombreux groupes musicaux y ont certainement fait leurs premiers pas. C’est assurément une perte majeure pour la ville de Québec, et même pour l’ensemble de la province.

L'Agitée2Il est difficile de prévoir comment les milieux de gauche réussiront à se remettre de la perte d’un lieu aussi important au niveau de la région. l’AgitéE hébergeait également ce qui restait de La Page Noire, la librairie et bibliothèque anarchiste locale. Pour l’instant, on ne sait trop ce qui en adviendra.

Si vous n’avez jamais mis les pieds à l’AgitéE, profitez bien du temps qu’il vous reste pour le faire et vous constaterez, tout comme nous, l’ampleur de cette perte pour la ville de Québec. Décidément, c’est une bien triste nouvelle.

Voici le communiqué par la coopérative de solidarité expliquant la fermeture de l’AgitéE : L’AgitéE fait ses au revoir

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Critique : Guerrière (Kriegerin, 2013) de David Wnendt

Guerrière« Encore un autre film qui porte sur des boneheads qui finissent par se repentir… » C’est ce que je me suis dit quand j’ai lu le synopsis du film Guerrière (Kriegerin en version originale). Après des films comme American History X, Romper Stomper et autres Danny Balint, j’avais de la difficulté à voir ce qui n’avait pas encore été exploré dans le style « néo-nazi qui change d’idée ». Bien sûr, le fait que ce soit un film allemand à moins grand budget que ces grosses productions américaines était déjà un avantage en plus du fait que, pour une rare fois, le personnage principal était féminin.

C’est donc sans grandes attentes que j’ai commencé l’écoute de ce long-métrage. Premier point positif, selon moi, il n’y avait qu’une version originale allemande sous-titrée en français, ce qui, à mon avis, vaut beaucoup mieux qu’une mauvaise traduction comme c’est souvent le cas. Bien qu’Alina Levshin soit très crédible dans le rôle principal où elle joue Marisa, jeune skinhead girl néo-nazie, on finit quand même par retrouver le cliché de la bande de boneheads idiots qu’on peut voir dans Romper Stomper. C’est vrai qu’il est plutôt facile de croire que ce soit réellement une bande de brutes ignares, mais il ne faut pas non plus exagérer leur stupidité comme le montre la scène du début où ils et elle se promènent dans un train en marche et agressent chaque personne qui croise leur regard. Un peu plus de profondeur dans les personnages aurait été apprécié.

Alina Levshin dans le rôle de Marisa

La réalisation est très bonne et plutôt réussie, le jeu des acteurs et actrices est excellent et les costumes sont réalistes. Le seul point faible demeure le scénario qui manque de crédibilité et est redondant, particulièrement si on a déjà vu les autres films nommés plus hauts. C’est là le vrai talon d’Achille de Kriegerin qui n’innove pas vraiment malgré certains éléments nouveaux. Ainsi, bien qu’on aurait pu s’attendre à ce que David Wnendt, le réalisateur, mette plus l’accent sur la réalité des femmes dans les milieux néo-nazis, on voit plus une démonstration du côté « maternelle » de Marisa, cliché patriarcal s’il en est un, comme lorsqu’elle prend une plus jeune fille sous son aile et qu’elle tente de la sauver ou lorsqu’elle fait la rencontre d’un jeune afghan sans-papier et dans le besoin. C’est comme si on nous disait que le stéréotype féminin devait automatiquement être contradictoire avec l’idéologie nazie, ce qui pousserait Marisa à quitter le mouvement. Aucune explication politique plus sérieuse ne vient réellement expliquer la défection de la jeune femme.

Autre chose, je trouve quand même dommage qu’il ne soit aucunement fait mention d’un mouvement antifasciste, très présent en Allemagne, ou d’une quelconque résistance face au phénomène néo-nazi; c’est comme si toute la région était livrée aux boneheads sur un plateau d’argent. Ce n’est pas comme si c’était directement le sujet du film, mais bon, je praîche un peu pour ma paroisse… D’ailleurs, on se serait bien passé de la petite morale libérale de la fin.

Bref, Guerrière est un bon long-métrage sur le fond, mais qui n’innove pas assez par rapport aux autres films du genre. Selon moi, il vaut quand même la peine d’être vu. Je ne vous en dit pas plus. Vous devrez l’écouter pour en savoir d’avantage.

Bande Annonce :

Page IMDB : Kriegerin

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