Un week-end sur Paname

MFC

Vendredi le 8 janvier dernier, le célèbre bar antifa parisien, l’endroit où déguster sa pinte de Picon-bière et son shot de Clash, le fameux Saint-Sauveur fêtait ses 10 ans d’ouverture. Nul besoin de dire que c’était un soir où plusieurs personnes se partagent le mètre carré, merci la France de tolérer la consommation d’alcool à l’extérieur! Ledit extérieur accueillait probablement plus de monde que l’intérieur, la rue des Pannoyaux et le classique perron de la maison de retraite étaient criblés de vestes Carhart et de blousons de cuir. À travers tout ce beau monde figuraient plusieurs têtes des groupes Tulamort, Birgada Flores Magon (dont le patron du bar) et autres groupes punk rock parisiens. Cependant, la gente féminine était nettement en minorité, comme c’est malheureusement souvent le cas dans le milieu en général. Des gens du quartier, de tous âges, figuraient aussi à travers la masse, certains ont même réussit à partir une piste de danse pour honorer le son du DJ. Anecdote comique de la soirée : un camarade fait passer le message comme quoi une trentaines de fafs sont postés au métro non loin du bar. Nul besoin de Saint-Sauveur.jpgdire qu’une quarantaine des moins doux à vestes Carhart et blousons de cuir se sont postés pour accueillir ces fameux fafs qui, à la déception de tous, ne se sont bien sûr jamais montrés! Une autre excellente soirée au Saint-Sau!

Au foot le Dimanche

Dimanche le 10 janvier, le Ménilmontant Football Club 1871 (MFC 1871) accueillait l’ESC Paris pour sont tout premier match de l’année 2016. C’est dans les confins d’Aubervilliers, sous la grêle et la pluie que les joueurs du MFC (dont quelques-uns se remettaient probablement encore de la soirée de vendredi…) ont gagné le match 2 contre 0. Les quelques 20 ou 30 supporters se sont donnés en chansons, tambour, drapeaux et (bien sûr) fumigènes. Malgré la pluie et l’absence de sièges ou d’un toit, l’enthousiasme était définitivement au rendez-vous!

Queenstitt ///

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Entrevue avec Les Trois Huit

LTH

Une petite entrevue avec le premier groupe avec lequel Dure Réalité a commencé à travailler pour la distribution de leur tout premier album éponyme, voilà ce que nous vous proposons aujourd’hui. Il s’agit évidemment de Les Trois Huit, groupe Oi! et Streetpunk antifasciste de Grenoble (France). Enjoy!

Premièrement, pour ceux et celles qui ne vous connaissent pas, pouvez-vous nous présenter le groupe et les membres qui le composent?

Alors, tout d’abord, bonjour à toutes et à tous.

Voilà, alors pour le groupe, on est Les Trois Huit ou LTH, de Grenoble, on fait une sorte de Streetpunk/oi!. On est un groupe militant pour une société sans rapport d’oppressions, pour une société métissée et populaire. On s’engage de par nos textes, de par la manière DIY et égalitaire dont fonctionne le groupe et de par nos parcours et nos activités militantes.

On a commencé il y a trois ans, sans vraiment savoir jouer de nos instruments mais bon, on essai de faire lerond_cds choses modestement, de notre mieux, de rester nous-mêmes et on sort maintenant notre premier album.

Donc il y a Rubz au chant, Riad à la basse, Numa à la guitare lead, Polo à la rythmique, Rouk à la batterie, et Rémi à l’ingé son.

Que signifie le nom de votre groupe, Les Trois Huit?

Bien les trois huit, en France, c’est un rythme de travail dans beaucoup d’usines et de boîtes. Il y a trois équipes qui travaillent 8h chacune. De 5h à 13h, ensuite de 13h à 21h, et de 21h à 5h. T’es avec ton équipe et tu tournes d’une semaine à l’autre.

Voilà, c’est un rythme de travail qui te dérègle complètement, qui nique tes rapports sociaux et ta vie de famille…

Bref, même si aucun de nous ne travaille encore sous ce régime, c’est quelque chose qu’on a connu et on voulait faire un petit clin d’œil à ces racines prolos. En plus, on revendique clairement ce côté de nos parcours du coup on l’assume avec notre nom.

En plus, c’est le numéro du département où on habite, de notre ville Grenoble et sa banlieue.

Quelles sont vos influences?

Bien dans LTH, y a des gens qui viennent de milieux musicaux différents… Numa et Rubz ont une grosse influence de quartiers, plus Hip-Hop, Riad est plus Ska, Polo n’aime que la Oi! et Rouk vient plus du Punk-hardcore… Du coup, chacun venant avec ses valises, ça donne LTH… Si on devait donner des groupes qui nous ont influencer, ça irait de la Brigada Flores Magon à Bad Manners, en passant par Singes des Rues, Bull Brigade, Les Partisans, Molodoï, Non Servium, Skalpel, Hors Contrôle, Los Foiros, Bolchoï, Nabat…LTH pochette

Mais bon, les gonzes du groupes écoutent vraiment de tout alors, on est forcément influencé par plein de trucs…

Quels sont les moments marquants du groupe?

Les moments, marquants du groupes, ben il y en a pas mal… On peut dire déjà les premières répètes qui étaient catastrophiques…, les gardes à vue ensemble pour certains d’entre nous, le départ de Tonton notre ancien guitariste, les travaux de nuits pour construire notre local de répète, et dernièrement, la sortie de notre album sur Grenoble qui était vraiment pour nous un pur moment avec tous les potos.

Les textes de vos chansons ont un caractère politique indéniable, est-ce que vous faites aussi parti de collectifs ou groupes militants? Si oui, lesquels?

Oui, c’est clair que la plus part de nos texte sont politiques. De toute manière, quand tu donnes ta vision de la vie en général, que tu as un esprit critique sur ce qui t’entoure ou ce qui se passe, pour nous, tu fais de la politique… Mais on estime que faire des chansons politiquement engagées, ça fait pas tout. Pour être cohérent, tu ne peux pas être militant-e que en concert et faire la teuf… C’est trop facile… Tu dois l’être tout le temps : à ton taf, dans la rue, dans des collectifs ou assos… Du coup, on est presque tous au minimum syndiqué, y a des anciens de la CNT qui sont maintenant à SUD1, il y en a qui sont dans des syndicats internes à leur taf… Sinon, on participe à beaucoup de manifs, et on organise des trucs dans notre ville…

Pour le moment, à part le groupe, c’est vrai qu on s’implique plus au sein de notre lieu de travail.

Quelles sont les luttes actuelles à Grenoble?

Ben en ce moment, ce qui bouge pas mal à Grenoble, c’est la lutte contre le mal logement, les squats qui subissent les expulsions de la mairie.

En fait, notre ville est dirigée par une majorité écolo et de gauche. Pendant la campagne, ils/elles avaient dit qu’ils/elles soutiendraient les squats et arrêteraient les expulsions, et on voit bien que ça n’est pas le cas… Les Roms en particulier subissent de plein fouet leur Antifa Grenoblepolitique de délogement sans solution durable de relogement et de réelle intégration.

Sur Grenoble, il y a aussi un gros milieu de nos potes féministes. Sans vraiment faire parti de leurs collectifs, on les soutient à fond car pour nous si tu es antifa, tu doit être réaliste et lutter contre toute les formes de domination, dont celle de l’homme sur la femme.

Et puis avec l’actualité française, il y a les luttes contre l’état d’urgence et ses abus…

Les perquisitions non ciblées, les assignations à résidence pour des gens qui n’ont rien a voir avec les milieux fondamentalistes religieux et qui sont loin de vouloir poser des bombes…

Pas mal de truc du coup… On vit une sale période…

Musicalement, comment se porte la scène révolutionnaire dans votre région?

Parler de scène révolutionnaire est, selon nous un peu enjolivé, par rapport à la réalité de ce qui se passe chez nous… On ne pense pas qu’on puisse parler ici de scène révolutionnaire… En parlant plutôt de milieu alternatif, Grenoble est une ville assez vivante. Il y a les squats qui sortent pas mal de groupes Punk, Surf ou Coldwave, il y a en particulier un collectif, l’Armée Des Zombies, qui permettent à pas mal de groupe Punk ou Rock d’exister. Il y a aussi une grosse scène Métal, Hip-Hop et Trans… En fait, il y a une diversité musicale qui est assez énorme pour une ville de cette taille. Après, pour tout ce qui est question de militantisme, c’est pas forcément relié à la musique mais plus à des collectifs, assos, ou orgas… Il y a aussi nos potes ultras du stade RK94 et DB07 qui font du bon boulot dans le stade et dans la ville.

Mais niveau musique, Il y a quelques groupes qui ont un discours militant mais c’est loin d’être une majorité.

On sait que le mouvement redskin était très fort en France dans les années 1990-2000. Il semble avoir eu une accalmie dans les dernières années, mais on peut voir de plus en plus de bands redskins émerger, notamment le vôtre. Diriez-vous qu’on assiste à un renouveau du mouvement en France? Diriez-vous que vous en faites partie? Quel est votre rapport avec ce mouvement?LTH2

Franchement, peut-être un peu tôt pour savoir s’il y a un renouveau ou quoi, mais c’est vrai que pas mal de collectifs antifas se sont montés ces dernières années, composés entre autre de redskins… Après, c’est un peu la réaction normale et logique face à la montée énorme des idéaux et des groupuscules néofascistes dans notre pays…

Nous, on se situe clairement du côté antifa, après, on se donnent pas forcément une étiquette de redskins, on a pas cette prétention et on respecte beaucoup ce qu’a fait ce mouvement dans les années 90… Mais pour nous, l’important, c’est pas l’étiquette, c’est ce que tu dis et ce que tu fais… Pas ce que tu prétends être.

Mais bon, on doit pas en être loin de ressembler à des reds… Hahaha!!

LTH1Quels groupes de votre région, tous styles confondus, recommanderiez-vous?

Alors, ben les groupes de potes évidemment… on va leur faire un peu de pub!!! Les Partisans (qui se reforment), les Profs de Skids, Guarapita, Resaka Sonora, Bull Brigade, Lorelei, Retrograd, DK Les Sales Gueules, Flo Mescouyenski, Motor Riot, Les Chevals Hongrois, Habemus Papam, les Tôle Boyz…

Avez-vous un mot pour les gens qui vous découvrent au Québec?

Ben déjà, on est super fiers et très heureux que notre musique arrive chez vous et on espère que vous kifferez. On fait les choses avec le cœur et on trouve que c’est ça le plus important…

On espère vraiment venir jouer au Québec un jour connaître un peu le milieu là-bas qui a une grosse image ici.

Voilà, sinon, portez vous bien, toutes et tous.

On lâche pas nos luttes, nos valeurs et nos idéaux.

On n’oublie pas que quand on est militant/e, et malgré nos différences, on est des frères et des sœurs, même sans se connaître, de ce côté ou de l’autre de l’Atlantique !

UNI.E.S NOUS SOMMES ET NOUS LE RESTERONS///

A. Sanchez

1. Respectivement la Confédération nationale du travail (CNT) et Solidaires, Unitaires, Démocratiques (SUD), deux centrales syndicales actives en France.
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Retour sur le NYE punk party

nye post punkHier soir c’était la veille du jour de l’an, et je n’étais vraiment pas dedans1. Il neigeait à fond, il faisait froid, le show était loin, je commençais une grippe, bref toutes les excuses étaient bonnes pour rester chez moi en pyjama. J’ai finalement réussi à me convaincre en me disant que je ne pouvais pas ne rien faire un 31 décembre, et à bouger mes fesses à la Casa del Popolo pour le NYE Punk party et je peux vous garantir que ça en a valu le détour.

Le show était juste vraiment débile. 3 bands de Montréal (F.I.T.S, Ursula et Parasytes) suivi de 3 bands de Boston (Dame, Exit Order et Sadist). Ça m’a fait chaud au cœur de voir autant de femmes (même plus que d’hommes) sur un même line up. Je suis arrivé malheureusement à la moitié du set du 2e groupe, Ursula. Comment ne pas en être fan : un girls band a l’esprit Riot Grrrl qui se donne du début jusqu’à la dernière note de musique. Ensuite est venu le tour du groupe Hardcore-punk montréalais Parasytes. En gros ce n’est pas compliqué, si Janyck, la chanteuse est dans le band, ben je vais être fan. Sinon, super bon set, super tight, belle énergie. On pouvait sentir qu’ils ont du plaisir à jouer ensemble.

Ensuite, ce fut le tour du groupe de Post-punk bostonien Dame. J’ai été agréablement surprise de leur set. J’avais déjà apprécié leur son sur Bandcamp2, mais de les voir, ces 5 femmes, se donner à fond sur scène m’a vraiment ébranlée. Bon riffs, bonne énergie rien à critiquer. Le 5e et avant dernier band a été ma découverte de l’année. L’énergie était intense, du gros Hardcore-punk dans ta face, des tounes de moins d’une minute, une chanteuse fucking badass qui dégage de l’air et qui se garoche partout. Exactement le genre de critères qu’il faut pour que ton band rule. Le crowd était complètement déchainé, body surf pis toute le kit pour finalement laisseDamer la place au headliner Sadist. J’avais tellement entendu parler en bien d’eux lors de leur dernière performance au Varning3 que j’avais beaucoup d’attentes.

Finalement, mes attentes ont été largement comblées. Complètement crazy. Ces gars-là ont donné un criss de show. Je ne trouve même pas les mots pour expliquer l’énergie qu’ils ont réussi à créer, mais c’était juste sick. Des gros riffs rapides, un effet visuel vraiment intéressant aussi (je pense qu’ils ont leur propre conception de lumière). Il faut se dire aussi que je commençais à être réchauffée un peu et donc, moins attentive à ce genre d’aspects.

Donc voilà ce qui résume cette soirée que j’ai bien fait, finalement, de ne pas choker. Bonne année guys and girls!

Cherry Bombs

 

1. Cet article nous a été envoyé le 2 janvier dernier, mais la rédaction étant en vacances ne l’a découvert qu’aujourd’hui. Nos excuses.
3. Festival A Varning from Montreal qui a lieu annuellement à Montréal depuis 9 ans.
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Entrevue avec Hors Contrôle

Hors Contrôle lors de leur passage au Revolution Fest II, en 2014 à Montréal. Crédits : C. Martin

Hors Contrôle lors de leur passage au Revolution Fest II, en 2014 à Montréal. Crédits : C. Martin

Publié ailleurs est une chronique dans laquelle nous vous présentons des articles déjà parus dans d’autres médias, mais que nous trouvons néanmoins pertinents à republier. Celui-ci provient du fanzine Casse Sociale #11, de mai 2015, édité par RASH-Montréal. Il s’agit d’une entrevue avec Régis, guitariste et chanteur de Hors Contrôle, groupe oi! de France dont le nouvel album, Vauriens, est distribué en Amérique du Nord par Dure Réalité.

Tout d’abord bonjour et merci d’avoir accepté de répondre à nos questions ! Vous êtes connus au Québec depuis un bon bout de temps déjà. Mais pour ceux et celles qui ne vous connaîtraient pas ou qui Logo Hors Controleviennent de vous découvrir suite à votre récent passage sur Montréal, pourriez-vous présenter rapidement le groupe ?

Hors Contrôle est un groupe de Oi! Antifa qui a vu le jour au mois de mars 2000 dans une ancienne ville minière du centre est de la France. Il est actuellement composé de Régis à la guitare et au chant, de Thierry à la basse, de Johan à la batterie et chœurs et de Philippe à la seconde guitare. Nos influences sont diverses et vont du punk français des années 80 à la oi! (surtout allemande) actuelle en passant par le ska.

Vous avez débuté à 2, avec une boîte à rythme. En 2006, vous avez décidé de remplacer votre boîte à rythme par un batteur et sa batterie. Qu’est-ce qui a motivé ce choix ?

Oui j’ai débuté avec Max qui a joué avec moi jusqu’en 2004 et il a ensuite été remplacé par Thierry. Ça faisait déjà pas mal de temps que je souhaitais intégrer une batterie à la formation car notre boîte à rythme de l’époque était vraiment basique avec une possibilité de programmation et de mémoire assez restreinte et je tournais en rond lors de mes compositions de morceaux. Donc plutôt qu’investir dans un matériel plus performant nous avons opté pour la recherche sérieuse d’un batteur. Le fait que ce soit Johan qui soit en place n’est pas vraiment étonnant, on se connaissait déjà un peu mais il jouait déjà dans un autre groupe, on a fait une date avec eux et ils ont splitté le soir même. Je lui ai tout de suite proposé de nous rejoindre, ce qu’il a fait sans réfléchir et il est toujours là.

Cette année vous célébrerez votre 15e anniversaire. À votre avis, quels sont les éléments qui font en sorte que vous avez encore envie de jouer de la musique ensemble ?

Vauriens, nouvel album de Hors Contrôle.

Vauriens, nouvel album de Hors Contrôle.

On est avant tout des copains et on s’éclate dans le même groupe sans se prendre trop au sérieux. Ensuite même si ce n’est pas toujours facile car il y a quelques mauvais caractères parmi nous (ah ah ah!) on parle des difficultés qu’on rencontre, on n’hésite pas à se critiquer, on se dit les choses et même si c’est dur de ravaler sa fierté de temps en temps, on essaie de faire en sorte que ces critiques soient constructives. Ensuite, on essaie de faire en sorte qu’on ait toujours une actualité, un album tous les deux ans en moyenne, entrecoupé par des eps, des concerts réguliers, sans en avoir une overdose. On se voit en général tous les 15 jours pour les répètes ou pour les concerts, ce qui nous permet de ne pas saturer, et quand on se voit c’est toujours un plaisir.

Bien que vos textes abordent depuis le début des thématiques politiques, notamment la vie ouvrière, vous avez d’abord surtout chanté «bière, musique et amitié». Hors, il me semble que depuis quelques années, vous avez des lignes politiques plus affirmées. Est-ce seulement une impression ?

Non c’est exact. Disons qu’au début je n’éprouvais pas le besoin de justifier ou même simplement d’affirmer nos positions politiques pensant que le seul fait d’écouter certains de nos textes suffirait à cela. Mais la réalité était toute autre. Avec le discours de l’extrême droite qui récupère l’électorat ouvrier et de ce fait était sur la même ligne que certains de nos textes, certains mecs (très jeunes) venaient aux concerts avec des t-shirts ou des badges tendancieux, y’en a même un qui a fait le salut nazi (le pauvre !!!). Là on s’est dit qu’il y avait vraiment un truc qui n’allait pas et qu’il fallait effectivement être plus affirmés dans les textes et mettre les pendules à l’heure pour de bon.

Parmi les autres thématiques que vous abordez souvent ; celle de la ville minière dont vous êtes issus et de son histoire. Pourquoi c’est important pour vous d’écrire sur ce sujet ?

Notre ville (Montceau-les-Mines) est une ancienne ville minière, et à une époque elle a fait partie des plus importantes de France au niveau de l’extraction de charbon. Nos grands-parents étaient mineurs, même nos parents allaient y travailler pendant les vacances scolaires. Des polonais, des italiens, des espagnols sont venus travailler ici et on fait de Montceau-les-Mines une ville multiculturelle, riche de la diversité des différentes populations venues s’installer ici. Montceau a été le théâtre d’actions sociales et révolutionnaires comme les grandes grèves à la fin du 19e siècle et les attentats anarchistes de LA BANDE NOIRE. Tout ça fait partie de nous, on est fiers et donc on le chante.


Nous avons eu la chance de vous voir en concert (excellent, d’ailleurs !) en octobre dernier lors d’un passage éclair sur Montréal. C’était la Hors Controle 2première fois que vous veniez au Québec ? Avez-vous aimé votre expérience ?

Oui, c’était la première fois au Québec. Expérience inoubliable (on en parle encore !!). Accueil impeccable, public monstrueux, de belles rencontres même si on aurait aimé approfondir un peu et passer un peu plus de temps avec vous en dehors du festival mais c’est vrai que dans ce cadre-là c’était pas évident, surtout que le premier soir on était un peu dans le gaz (eh eh!) et qu’on a un peu fait l’aller-retour. Mais Jam a été un très bon guide et nous en a montré beaucoup en un temps record. On restera plus longtemps la prochaine fois.

Vous semblez enchaîner les concerts pour des assos antifa en France. Hors, ici, on entend plutôt parler d’une montée de l’extrême droite chez vous. Comment se porte l’antifascisme en France ?

L’antifascisme en France se porte bien mais de mon point de vue, j’ai l’impression qu’on est un peu plus dispersés par rapport à quelques années auparavant. Mais je pense que le contexte international y est pour beaucoup et que les plus jeunes ont un peu de mal à se positionner et à faire la part des choses. J’entends par là que certains antifas sont capables de se prendre la tête pour des sujets divers et il y’en a toujours qui sont trop quelque chose ou pas assez, tout ça en oubliant pourquoi nous sommes / vous êtes antifas. Est-ce que nous voulons revivre les années noires de l’histoire ? Je pense qu’on devrait se recentrer sur ce sujet-là mais ce n’est que mon point de vue. Il y a heureusement encore beaucoup de personnes qui se bougent et qui organisent des tas de trucs (manif ; concerts ; documentaires ; films), etc et qui font vivre le mouvement antifa.

Au vue de la fréquentation des concerts et des manifs je pense et j’espère que cette mouvance a encore de belles années devant elle. C’est pour ça que c’est aussi important d’affirmer ses positions (pour faire un retour à la question 4) et de créer des vocations chez les plus jeunes et de leur donner envie de nous rejoindre.

Pour terminer, avez-vous des projets futurs dont vous pourriez nous faire part ?

Et bien comme tu l’as dit en début d’interview nous fêtons nos 15 ans cette année et à cette occasion nous sortirons un DVD live qui a été filmé il y a un an et demi accompagné d’un mini album de 7 titres inédits que nous venons d’enregistrer. Ça sortira à la rentrée de septembre. Et peut-être qu’on reviendra vous voir un de ces jours qui sait !! Merci et à bientôt.

Merci ! Bonne continuation et on espère vous revoir au Québec prochainement !

A las barricadas

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Critique : Un Français (2015) de Diastème

Un francais

Un autre film de bonehead* repenti, il faut croire que le concept est bon puisqu’il est constamment repris. Cette fois, c’est le réalisateur français Diastème qui revisite ce scénario classique dans son dernier long-métrage, Un Français.

Un Français, c’est l’histoire (fictive) de Marco Lopez, interprété par Alban Lenoir, qui évolue sur une période de 19 ans s’étendant de 1994 à 2013. Au déUn francais affichebut, c’est un jeune voyou bonehead qui a la haine et qui, avec sa bande, se livre à de nombreuses attaques haineuses envers des gens issus des minorités visibles ou envers des militants politiques. Tout au long de l’histoire et à travers les nombreux sauts temporels, on suit l’évolution de Marco qui essaie de se détacher de la haine et les différents choix auxquels il est confronté dans cette voie.

On y voit Marco agresser, se faire agresser, subir des crises de panique, rencontrer sa femme, déménager en Guadeloupe, se faire laisser par sa femme, perdre ses ami-e-s, perdre le droit de voir sa fille et finir par faire du bénévolat pour servir la soupe populaire. Une lente évolution vers la rédemption qui est beaucoup plus réaliste que les autres films du genre, tels que Kriegerin ou Danny Balint.

J’ai particulièrement aimé le fait que la rédemption de Marco s’étire sur une si longue période de temps et qu’elle ne soit jamais réellement assumée par le personnage principal. Cette situation est bien amenée par des scènes où un médecin lui offre de se faire retirer ses vieux tatouages fascistes (ce qu’il refuse) ou lorsqu’il revoit des anciens membres de sa bande, rencontres qui ne se terminent pas toujours bien. On comprend le chemin à travers lequel le personnage doit passer pour sortir de ce type de milieu, notamment le rejet et la solitude, la perte d’un cercle social, la mort et l’emprisonnement d’amis. Le film évite ainsi un cliché simple qui aurait fait en sorte que le personnage devienne militant antifasciste, par exemple en aidant des gens à sortir des milieux d’extrême droite.

On voit aussi qu’un très bon travail de recherche a été fait par l’équipe de production du film. En effet, c’est l’un des très rare films dans lequel il est possible de voir des combats entre boneheads et antifascistes radicaux, une réalité rarement mise en scène dans les autres productions du genre. Aussi, Un Français met en scène différentes factions de l’extrême droite et dont l’évolution, à travers le film, est très proche de celle des groupes tels que le Front National (FN) ou le Bloc Identitaire. Cette facette est surtout mise en scène un francais 2via le personnage de Braguette, interprété par Samuel Jouy.

Seul point faible, l’inégalité de l’action à travers le film. En effet, au début, on y voit plusieurs scènes de violence et de confrontation assez violentes et plus le film avance, plus l’action devient lente. Par contre, ce rythme ralentissant décrit bien la vie de Marco suite à sa sortie des milieux d’extrême droite.

Bref, Un Français n’est ni un film rose bonbon, ni un film d’action, c’est le portrait d’une bonne partie des boneheads d’occident, un regard sur le terreau dans lequel l’extrême droite recrute. Le personnage ne finit ni en héros triomphant, ni en pourriture totale. Un film tout en nuances et dont celles-ci sont probablement les meilleurs atouts et la plus grande force par rapport aux autres productions du même genre.

Bande annonce :

Éric Sédition

* Néo-nazi adoptant le look et le mode de vie skinhead. Le terme bonehead est utilisé pour ne pas associer le racisme au mouvement skinhead, qui est à la base un mouvement multiculturel dont les racines remontent notamment à la culture ska et reggae jamïcaine.
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Critique du féminisme universitaire

Critique du fem

Crédits : Zola, street artist, Montréal

Publié ailleurs est une chronique dans laquelle nous vous présentons des articles déjà parus dans d’autres médias, mais que nous trouvons néanmoins pertinents à republier. Celui-ci provient de la section Montreal Sisterhood du fanzine Casse Sociale de mai 2015, édité par RASH-Montréal.

Le Montreal Sisterhood est un collectif composé de femmes provenant d’une diversité de milieux, ayant des parcours et expériences très différentes l’une de l’autre. Notre objectif est de politiser les femmes de nos scènes contre-culturelles tout en assurant une présence féministe dans le milieu antifasciste et les contre-cultures. Nous sommes féministes radicales, mais nos réflexions politiques ne sont pas toutes au même niveau et nous ne sommes pas toutes d’accord sur certains sujets. Toutefois, nous avons toutes un point en commun : nous voulons attaquer les démonstrations concrètes du sexisme dans notre quotidien et ce par une diversité de moyens. Étant confrontée à des réalités différentes, nous croyons que c’est cette diversité qui fait la force de notre groupe.

Lorsque nous avons créé le collectif, il y a maintenant 5 ans, nous nous sommes vite rendu compte que les autres groupes féministes évoluent davantage dans le milieu académique. Même si nous ne sommes pas issus de ce milieu, nous avons fait des soirées de réseautage afin de créer des liens entre nous. Mais nous avons observé rapidement qu’il y avait parfois un fossé flagrant entre nous et les autres. Nous avons différentes façons de lutter, de s’exprimer, de réfléchir ou même de militer. Nos stratégies de luttes doivent s’inspirer l’une des autres et être complémentaire, pas le contraire.

Cette réflexion a commencé lorsque des membres du groupe, qui sont aussi étudiantes, ont exprimées le fait qu’elles ne se retrouvent pas souvent dans le féminisme universitaire. En effet, celui-ci est peu accessible et gagnerait davantage à être ancré dans la réalité plutôt que dans la théorie.

sisterhoodPour nous, être féministe, ce n’est pas forcément de connaître des auteur.e.s, ni des théories, ce n’est pas étudier en études féministes, mais plutôt de simplement reconnaître l’oppression patriarcale et désirer abattre celle-ci. Depuis des années déjà, nous sentons un rapport de pouvoir entre les féministes ayant beaucoup de connaissances théoriques s’organisant en milieu universitaire et les autres. Il arrive que nous sentions une pression, qu’on s’attend de toutes les féministes qu’elles maîtrisent des concepts qui ne sont pas accessibles à toutes, on s’attend à ce qu’on ne fasse pas d’erreur, et que l’on réponde à un modèle spécifique de féminisme. Sinon le mouvement féministe au complet risque de te ramasser. Les critiques fusent de tous les bords, la compétition est forte. Pour avoir des alliées, certaines ont l’impression de devoir devenir ce qu’elles ne sont pas, de devoir tout connaître pour pouvoir participer à des discussions sans avoir honte de ses opinions ou de ses idées. Les rapports de domination sont tellement ancrés que certaines féministes ne se sentent pas confortable dans certains endroits, activités, etc.

Par ailleurs, le fait de posséder des savoirs théoriques et d’étudier à l’université est en soi une forme de privilège. Les féministes universitaires oublient souvent qu’en ce sens elles sont privilégiées et que leur langage, leurs théories sont le résultat de leur place dans la société et des rapports de classes qui y subsistent. Les discussions et le militantisme qu’elles prônent ne sont donc pas accessibles à toutes, les lectures qu’elles font, les écrits qu’elles produisent sont réservés aux personnes de leur classe. Dans cette optique, elles reproduisent une forme d’élitisme au sein même des milieux féministes. Nous croyons tout de même qu’il est important de diffuser les savoirs et nous ne remettons pas en question le partage de connaissances, mais plutôt les façons de le faire. Cet élitisme dont nous parlons se réfère à une intellectualisation des concepts et des vécus.

critique du fem2Le milieu universitaire est particulier. Des femmes majoritairement blanches, aisées financièrement, hétérosexuelles, travaillent sur des sujets tels que les femmes immigrantes, les femmes marginalisées, les femmes en situation précaire, etc. Trop peu d’entre elles vivent la réalité et les conditions matérielles du croisement des oppressions de leurs « sujets ». Il est facile du haut de cette position avantageuse, voire privilégiée de pouvoir critiquer les façons de faire des autres. En plus d’avoir des rapports de pouvoir marqués par les connaissances, plusieurs professeures ou chargées de cours ont des relations privilégiées avec des étudiant.e.s et ne reconnaissent que très peu ce même rapport de pouvoir qui est habituellement dénoncé.

Il est important de reconnaître la diversité, il est important d’être solidaires. Même si nous avons des postulats communs, nos moyens d’action ne sont pas les mêmes et il est important de les respecter. Il faut cesser ces relations compétitives, il faut cesser de chercher chez nos camarades féministes des failles qui pourraient prouver qu’elles ne sont pas « tight ». Nous avons réalisé que pour nous, ce qui est le plus important, ce n’est pas de pouvoir réciter la théorie infaillible parfaitement mais d’être capable d’appliquer les actions concrètes qui découlent des explications théoriques dans notre quotidien. Soyons solidaires, embrassons la différence, car c’est en travaillant ensemble que nous pourrons créer un réel rapport de force.

Montreal Sisterhood

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« There is something more than ink »

Crédits : Étienne Dionne, tirée de la page Facebook du groupe.

C’est bien connu, il y a énormément de réactionnaires dans la ville de Québec. On y trouve de tout dans cette ville de fonctionnaires : des libertariens, des boneheads, des radio-poubelles, des gens dont le principal combat politique est le retour des bons vieux Nordiques, des conservateurs, Régis Labeaume etc.

Non, je sais, Québec, ce n’est pas que ça. Il y a des militants et des collectifs ou groupes qui font un travail politique non négligeable. Mais je crois qu’il y a une réelle difficulté d’organisation pour les groupes de gauche radicale dans un tel contexte. Avant, il y avait l’AgitéE, un bar autogéré, dont les membres ont eu un impact dans cette ville, mais depuis sa fermeture il manque d’endroit pour se rassembler et partager.

Donc, les groupes de musique qui porte un message anticapitaliste et antifasciste à Québec, ça ne court pas les rues. Get the Shot en est un.

Get The Shot c’est un groupe hardcore de la ville de Québec qui existe depuis maintenant 6 ans. Le groupe, qui revient tout juste d’une autre tournée européenne, est composé de membres qui ont un point en commum; l’impression de ne pas répondre au cadre imposé à la société par le capitalisme. Leur musique est donc pour eux une façon d’exprimer leur rage face aux injustices et ce que ce monde nous offre, mais leur permet aussi de créer un espace dans lequel ils se reconnaissent.

En 2014, ils ont sorti l’album No Peace in Hell qui est également leur dernière parution. Voici comment le groupe le décrit :

No Peace in Hell is a dark and brooding record delivered with the distinctive ferocity and violent vigour of five disillusioned spirits who have nothing left to lose. No fashion, no frills, no lies.

Voici Cold Hearted qui se retrouve sur cet album

Le chanteur de Get The Shot explique bien sa vision et sa compréhension d’une société capitaliste, mais aussi du rôle de la musique hardcore dans une vidéo que vous trouverez ci-bas.

Le hardcore, sa principale caractéristique, étant fondamentalement anticapitaliste, est de dire non, vous n’habitez pas le meilleur des mondes, non, vous vivez dans un monde froid, un monde cruel. Quelque part, si vous voulez lui redonner un peu d’humanité, un peu d’authenticité, vous n’avez pas le choix de lui crier après et de pointer ce qui vous opprime. […] Si je devais définir le hardcore en trois mots je dirais; anticapitaliste, authentique et respectueux de la non-identitité, c’est-à-dire, respect de ce qui est différent, qui ne cadre pas dans les concepts que le système essaie de nous imposer.

Le hardcore, nécessairement, est une révolte à l’égard d’une d’autorité que l’on considère oppressante. Il y a un fondement anarchique au sein même de la communauté punk et hardcore. Ça c’est clair et net. De dire qu’on se bat contre l’autorité, de manière violente, c’est juste qu’on répond à un système qui nous opprime tout autant.

Get The Shot affirme travailler actuellement sur un nouvel album. Quoiqu’aucune date de sortie ne soit prévue, ils ont déjà plusieurs squelettes de chansons d’entamés. Ils veulent prendre leur temps et faire en sorte de ne pas faire le même album 2 fois. Leur 3e LP sera lancé en 2016.

D’ici là, Get The Shot sera en concert le 8 décembre prochain à Sherbrooke et le 11 à Montréal avec les New Yorkais de Madball.

Bref, je vous conseille fortement de suivre ce groupe et de le faire connaître à votre entourage!

Pour les suivre sur Facebook: https://www.facebook.com/gettheshothc/
Et pour écouter leur musique: http://gettheshot.bandcamp.com/

Et pour terminer, je vous laisse avec la réflexion du groupe sur les derniers événements de Paris, qui a été publiée sur leur page Facebook :
Get the shot

A. Sanchez

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