The Prowlers & Baldy Sound Records : Entrevue avec Sylvain

The ProwlersNous profitons de la sortie du split France-Québec, Face à Face, notre nouvelle co-production, pour publier cette entrevue avec Sylvain, chanteur du célèbre groupe oi! montréalais The Prowlers et organisateur de concerts dans la métropole. En effet, The Prowlers s’associent à Hors Contrôle, 22 Longs Riffs et La Gachette pour lancer ce nouveau vinyle et tisser des liens encore plus solides entre la France et le Québec. Entrevue avec un pilier de la scène oi! québécoise.

Comment vois-tu l’évolution de la scène à Montréal depuis le début des Prowlers? Quels groupes ont marqué cette évolution?

C’est sûr que la scène a beaucoup évolué (pour le mieux) depuis nos débuts en 1999. Il y a plusieurs facteurs qui expliquent ça tels que l’Internet, la venue de plusieurs groupes internationaux et le fait que plusieurs de nos groupes aient aussi voyagé et nous ont emmenés à découvrir d’autres choses. Les gens et les groupes sont de plus en plus sensibilisés aujourd’hui sur des sujets qui n’étaient pas traités dans les années 90 tels que le racisme, l’homophobie et le sexisme. Je pense que depuis nos débuts des groupes comme Street Troopers, La Gachette, Jeunesse Apatride et Esclaves Salariés ont emmené la première vague de changement et aujourd’hui des groupes comme ShotCallers, Action The Prowlers 2Sédition, King Cans pour n’en nommer que quelques-uns contribuent à garder le même esprit. On se considère chanceux de pouvoir faire partie de cette évolution et de pouvoir continuer à la vivre aujourd’hui.

Vous avez fait beaucoup de shows dans votre carrière et ce, un peu partout dans le monde. Quels sont ceux qui vous ont le plus marqués? Pourquoi?

Je te dirais que j’en ai 3 qui me viennent plus rapidement à l’esprit. Le premier, en 2004, à Novi Sad en Serbie. Le pays était en pleine guerre et l’ambiance était très bizarre. Les gens étaient très contents de nous voir et d’avoir un spectacle, point, mais en même temps, on pouvait voir la détresse et la tristesse dans leur face. Le concert a super bien été et je pense qu’on n’a pas embarqué sur scène avant 3h du matin, mais ç’avait l’air normal pour eux. Notre première fois à Mexico en 2011 a été assez spéciale aussi. On ne savait pas du tout à quoi s’attendre et l’accueil et l’ambiance ont été débiles. La police a arrêté le concert en plein milieu pour avoir son pot de vin et encore là, ça avait l’air bien normal pour eux. À Montréal, c’est probablement le lancement de Hair Today Gone Tomorrow au bar St-Laurent en 2001. C’était en même temps l’after party du show d’Agnostic Front et pas mal tout le monde est arrivé ben saoul, on a dû arrêter le show 5 fois à cause de nombreuse batailles, un classique.

Quels sont les projets à venir avec les Prowlers?

Pour 2016, on est pas mal occupés. On va en Europe en avril, en Alberta au mois d’août et on a aussi le Mid West Live and Loud à Minneapolis en Septembre. Ajouté à ça, on a nos The Prowler 2concerts réguliers au Québec et on enregistre un album en plusieurs sessions tout au long de l’année.

Comment le projet du split avec La Gachette, 22 Longs Riffs et Hors Contrôle a pris forme? Pourquoi avez-vous décidé d’y participer?

C’est une idée de David de 22 Longs Riffs et nous n’avons pas hésité 2 minutes à faire partie de ce projet avec nos amis de Hors Contrôle et de La Gachette. Chaque fois qu’on peut participer à un projet de la sorte on le fait parce que ça aide à nous faire connaître un peu plus dans un autre pays, dans ce cas-ci, la France. En même temps, ça aide aussi le groupe de l’extérieur à aller chercher du nouveau public. Les gens des 2 pays découvrent des nouveaux bands, alors tout le monde y gagne.

Vous vous considérez comme un groupe SHARP*. Pourquoi est-ce que c’est important pour vous?

C’est très important parce que c’est là-dedans que nous avons grandi. Au milieu des années 90, tu avais 2 choix, sois que t’étais un white ou tu ne l’étais pas. Y’avait vraiment 2 clans et évidement, je me suis associé assez vite avec les SHARP et ç’a toujours resté. Grâce à Roddy Moreno, SHARP est devenu international et partout où on va, on côtoie des gens comme nous qui n’ont aucune tolérance envers le racisme ou d’autres formes de discrimination. SHARP est vraiment la meilleure alternative pour ceux qui sont moins impliqués politiquement, mais qui veulent quand même faire un stand. C’est aussi la chose logique quand on sait où tout a commencé.

On sait que tu t’impliques dans Baldy Soundsystem qui est maintenant devenu Baldy The Prowlers 3Sound Records. Pourquoi ce changement? Quels sont vos projets à venir?

On a toujours voulu avoir un label associé a la production de shows, mais le temps me manquait. Martin, bassiste de Prowlers, et Mathieu du magasin Sonik nous ont proposé de s’associer avec nous pour la partie label et c’est ce qui a fait que nous avons pu faire naître
ce projet. Notre premier release sera le nouveau disque de Komintern Sect et suite à ça, nous avons d’autres idées. Ce ne sera pas un label qui fera beaucoup de releases, mais ça va quand même nous permettre de s’amuser un peu.

Un mot de la fin?

Merci pour l’entrevue, longue vie à Dure Réalité et ne manquez pas notre prochain concert avec Old Firm Casuals, Horny Bitches et nos amis de King Cans le 27 Mai aux Katacombes.

* SkinHeads Against Racial Prejudice (SHARP) : Mouvement antiraciste dans la scène skinhead.

A. Sanchez et Éric Sédition

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire

Le voyage de Marine Le Pen

Marine LePen

Quand Marine débarque en Amérique… elle s’y fait ridiculiser.

L’histoire commence un vendredi 18 mars, une étrange rumeur commence à circuler, Marine Le Pen cette dirigeante du principal parti de France, le Front National, un parti d’extrême droite xénophobe et anti-immigration, débarque à Montréal. « Mais que vient-elle faire chez nous?!?! » Paraît qu’elle veut redorer son blason et montrer à la France entière qu’elle a une stature internationale. « Ah ouais! Compte sur nous pour ta stature internationale, ma grande! »

La rumeur se propage comme une traînée de poudre, à l’instar de son agenda prévu. Les militants et les militantes s’activent, le Québec est reconnu pour son hospitalité, nous n’allons certainement pas faire mentir cette réputation, nous allons lui organiser des comités d’accueil digne de sa stature!

Sa visite cause l’émoi, partout, pas seulement dans les milieux militants de gauche, l’ensemble de la classe politique réagit, même le milieu culturel… c’est à ce moment que le cauchemar de Marine commence.

L’opportunisme des bisounours…

Dès l’annonce de son arrivée, la classe politique s’est manifestée négativement. Tous les politiciens de tous les partis confondus ont refusé de la rencontrer, certains même avec des formules fracassantes, c’est le cas de Bernard Drainville, député du Parti québécois, qui a déclaré : « qu’elle devrait rentrer chez elle aussitôt débarquée de l’avion. » Ces refus systématiques ont agacé Marine Le Pen, au point où celle-ci a comparé les élu-e-s canadien-ne-s à des Bisounours (généralement appelés Calinours au Québec).

Bien sûr, pour les militants et les militantes du Québec, ce refus de la rencontrer n’est que poudre aux yeux, opportunisme de bas étage. Surtout de la part du Parti Québécois qui a polarisé le Québec avec un projet de Charte des Valeurs xénophobes, ou encore de la part du Premier Ministre Couillard qui ne voit aucun problème à se pavaner avec les dirigeants d’Arabie Saoudite, mais ne veut surtout pas rencontrer Le Pen.

Standing ovation du milieu culturel contre Le Pen

Le voyage de Le Pen coïncidait le gala du cinéma Québécois. Le cinéaste québécois d’origine chilienne, Patricio Henriquez, y est allé d’une salve anti-Le Pen alors qu’il recevait son prix, cette intervention a été suivie d’un standing ovation de l’ensemble du milieu artistique présent. Là encore, la table était mise contre la présence de Le Pen dans notre province.

Comité d’accueil à Québec

Antifa ActionDu côté de la gauche radicale, la première réaction publique a eu lieu à Québec dimanche le 20 mars où plusieurs dizaines de militantes et de militants internationalistes et antifascistes ont réussi à perturber la conférence de presse que Le Pen donnait ce matin-là. Les camarades ont envahi la salle et déroulé des bannières en scandant divers slogans hostiles dont le fameux « Québec emmerde le Front national. » La garde rapprochée de Le Pen, qui n’entendait pas laisser cette sortie médiatique gâchée par des bolchos, en a alors profité pour distribuer quelques coups. Le Pen elle-même y est allée d’un très méprisant et condescendant « ça suffit les gamins, allez prendre une douche et allez vous coucher! » Trop peu trop tard, les images de cette bousculade ont fait le tour des médias et galvanisé les troupes… Montréal allait devoir reprendre le flambeau.

Comité d’accueil à Montréal

Alors que Montréal se préparait pour le point de presse prévu le mardi 22 mars à 11h, des militants ont décidé de devancer la mobilisation en organisant un petit comité d’accueil à l’hôtel où logeait Le Pen. C’est donc vers 20h, le lundi 21 mars, que plus de 150 personnes se sont rassemblées afin de dénoncer la présence de Le Pen dans la métropole. Au même moment, les IWW-Montréal diffusaient une nouvelle information, « Marine Le Pen est en train de souper à la Station des Sports » dans le quartier Centre-Sud. Plus d’une soixantaine d’antifascistes s’y sont donc retrouvé-e-s.

Réuni-e-s dans le sous-sol miteux du restaurant, tenu par un riche propriétaire de bars, de restaurants et d’immeuble d’origine grecque et sympathisant du parti néonazi Aube Dorée, Peter Sergakis, Marine Le Pen y rencontrait des expatriés aux allégeances frontistes ainsi que quelques boneheads connus de Montréal. Lorsque Marine dut quitter ses partisans pour se rendre aux installations de Radio-Canada (le diffuseur public) les antifas rassemblé-e-s en ont profité pour bloquer son camion. Marine a pu compter sur le soutien indéfectible de la Police de Montréal (SPVM) pour lui permettre de quitter les lieux sans être trop entravé par les antifas. Des affrontements ont par la suite eu lieu durant une bonne partie de la soirée, parfois avec l’escouade antiémeute du SPVM, parfois avec les petits boneheads de Montréal, frustrés de voir leur soirée gâchée. Marine qui devait revenir terminer la soirée avec ses amis frontistes, n’a pu remettre les pieds au restaurant de peur d’être au centre des affrontements. Les fachos ont donc quitté penauds, certains même, comme les boneheads de Montréal, très discrètement par la porte arrière alors que le restaurant fermait ses portes.

Sergakis

Peter Sergakis.

Le bilan de cette soirée a permis de venir boucler la boucle. Le Pen se fait jeter à la rue de son hôtel, qui ne veut pas être associé au Front National et qui ne veut pas de débordements. La soirée de rencontre avec ses sympathisants est un échec, son retour étant rendu impossible à cause des affrontements.

Fiasco pour Le Pen, en Nouvelle-France

Peut-être, certains conseillers dans son entourage auraient pu lui donner quelques cours accélérés d’histoire. Minimalement lui rappeler que le Québec n’est plus cette colonie d’antan nommée Nouvelle-France où il suffisait aux Français de débarquer et d’y faire ce qu’ils voulaient. Peut-être aurait-il été à propos de l’informer que le Québec a ses propres débats politiques et qu’il est possible que le Front National n’y soit pas le bienvenu sans pour autant que cela implique que nous ne soyons pas une « démocratie mature » comme elle l’a soutenu.

Les médias complices

Seule note discordante et seul élément positif pour Marine Le Pen, c’est la complicité des médias. Bien sûr, tout le monde savait que les radio-poubelles allaient jubiler face à la Front Nationalprésence de Le Pen. Par contre, ce sont les médias nationaux qui ont donné une tribune à Le Pen, TVA allant même jusqu’à l’inviter comme experte (sic) pour traiter des attentats de Bruxelles.

Ignorée par la plupart, confrontée par d’autres, Marine Le Pen a tout de même pu profiter d’une couverture médiatique bien trop importante, alors que son voyage devenait une catastrophe politique et diplomatique.

Bref, Marine, nous espérons que tu as détesté ton passage ici. Nous espérons que plus jamais tu ne vois le Québec comme une terre où tu pourrais aller y diffuser tes idées merdiques. Nos camarades français n’ont pas le choix, tu fais partie du paysage, cependant, ici tu n’es rien. On se fout de tes petites leçons et des tes mises en garde. Marine, tu n’as pas la stature internationale que tu aimerais avoir. Tu n’es qu’une vulgaire petite raciste, tu peux ne plus jamais revenir.

Butte aux cailles

Publié dans Actualités | Tagué , , , , , , , | Laisser un commentaire

Oi! The Saint-Patrick’s Weekend (part II)

Oi! St-Patrick's

Après une bonne nuit de sommeil, de marinade pour certains, courte pour beaucoup, il fut déjà temps de se ruer aux Katacombes pour ne pas manquer le deuxième et dernier soir du Oi Fest. Cette fois-ci la faune était légèrement plus dense et moins chevelue, ça s’annonçait assez Oi! Comme soirée!

21:00 Les camarades Oi! De la ville de Québec ont parti le bal avec leur Rock’n’Oi francophone. Voix étouffée et éraillée et gros choeurs masculins, juste assez de distorsion. C’est toujours un plaisir d’entendre leur son classique que l’on connaît bien, merci Scab Coma!

22:00 Shotcallers, le groupe local de la soirée, ils ne bougent pas beaucoup sur scène, mais ils font bouger la foule. Les spectateurs, surtout les Montréalais, se sont vite entassés devant les haut-parleurs et devant la scène pour chanter en choeur, bras dessus bras dessous ou simplement bras en l’air. Ils n’ont pas joué leur reprise de « breaking the law » (à ma grande déception), mais leurs riffs mélodiques et les refrains à chanter en choeur ont rassemblé les potes d’ici et d’ailleurs, comme d’habitude.

1935215_1130030933753083_8285529123931673380_n

…Il est de plus en plus difficile de circuler, la salle se remplit…

22:30 Legion 76 de Philadelphie, quelle découverte. Punk Rock/Oi, leur musique est massive compacte et ponctuée d’un son de guitare bien mélodique, de la qualité. Pas étonnant qu’ils soient sur l’affiche du Pretty Shitty Kjell du 25-26 mars à Stockholm avec rien de moins que Sham 69, Peter and The Test Tube Babies et Lion’s Law. Les bons groupes voyagent et se partagent entre les scènes du monde!

23:19 The Strike : le chanteur n’a pas besoin d’une corde pour retenir ses lunettes pour rien : The Strike envoie du lourd. Ils étaient très attendus, évidemment, et les spectateurs ont réagit à leur vieux son oi britannique, nonchalant et intempestif, pas étonnant, quand certains des membres viennent de groupes tel que The Trojans ou Angelic Upstarts…Ce fût une chance de voir ce groupe en concert et notamment d’entendre le chanteur , de sa voix rauque scander en détachant bien chaque mot après un petit discours : «  SKINHEAD WILL LIVE FOREVER » là, on a vu les crânes tondus et les chelseas s’émoustiller!

00:15 Lion’s Law : on en entend parler depuis longtemps, tout le monde adore leur son. Le groupe du S.H.A.R.P Paris a pris les planches pour clore le festival. À ce moment, il était presque impossible de se déplacer tellement il y avait de monde, on a même cru apercevoir Beyoncé quelque part! 100% pour la présence sur scène, 100% pour la justesse du son, bien punk oi européen. Bien sûr loin d’être des ennemis, en tant que reds, nous questionnons néanmoins leurs positions et fréquentations, par contre leur qualité musicale n’est absolument pas à discuter.  Leur talent n’est heureusement pas à l’image de leurs bretelles (étrangement minces!).

Après tant de Oi!, il fût temps de relâcher la pression et de danser sur les morceaux choisis par le DJ Dan86, et de continuer à faire la fête!

Le vent de la Oi! a définitivement soufflé sur Montréal en ce  Oi! The Saint-Patrick Week-End! Un succès sur toute la ligne, merci aux groupes Lager Boys, Subsistance, Hudson Flacons, Les Ordures Ioniques, Bad.Co Project, Scab Coma, Shotcallers, Legion 76, The Strike, Lion’s Law, merci à Baldy Soundsystem de rendre possible un week-end oi! D’envergure avec des groupes de plusieurs générations et d’ici et d’ailleurs. À l’année prochaine!

Queenstitt///

Publié dans Critiques, Uncategorized | Tagué , , , , , , , , , | 1 commentaire

Oi! The St-Patrick’s Weekend (Jour 1)

Oi! St-Patrick's

Pour une quatrième Saint-Patrick, Baldy Soundsystem nous présente un festival sur deux jours avec des groupes punk rock d’ici et d’ailleurs. Vendredi le 18 mars, aux Katacombes, était le premier des deux jours de ce festival si attendu.

C’est accueillie par deux merveilleuses personnes arborant fièrement un t-shirt Feminist ’til I die que la soirée a commencé. Agréable de penser que c’est la première chose que les spectateurs moins politisés verront en rentrant!

22:06 Subsistance a déjà entamé leur set, ce groupe pilier de la scène punk montréalaise nous montre que l’expérience et le succès ne met personne à l’abris d’une corde de basse petée (15 minutes plus tard) les 3 membre reprennent et balancent le son bien à eux que nous connaissons. La foule commence à se dégêner.

22:50 Hudson Falcons prend les planche avec le cover de Redemption song, la voix rauque et pleine de coeur du chanteur vous prend entre les côtes, je vous le dit. Working Class Rock’n’Roll les décrit parfaitement bien, chansons engagés, discours entre les morceaux, ce groupe a fait s’agglutiner la petite masse qui chante le poing levé, une bonne main d’applaudissement!

Minuit, Les Ordures ioniques font pousser des crêtes aux « même pas punks » depuis 1995 avec leur énergie inépuisable. Ils ont chauffé les planches avec les succès qu’on leur connait, comme l’a dit V8 le chanteur « On fout le feu!!! » le feu aux chars de police, au parlement, le feu partout!

D’ailleurs Marine Lepen est en ville paraît-il…

Oi weekend

12:56 La re-formation de feu Oxymoron, Bad Co. Project débute leur set avec le cover de The Obscene Army, avec la même voix qui chante la version originale en primeur, la foule ne se déchaîne pas autant qu’on pourrait l’espérer malheureusement. Leur prestation, qui était de pure qualité, réconforte ceux qui sont nés après 1985 et qui ont manqué la bonne époque du punk.

Ce premier soir de festival était un succès, la salle était assez remplie pour rendre les déplacements au bar ou aux toilettes fastidieux, on a aussi vu les signes et symptômes d’un concert attendu et de qualité, manifestés par la sortie de marmottes qu’on ne voit pas souvent! Félicitations à Baldy Soundsystem, on se revoit aux Katacombes samedi pour le part II, encore plus attendu, du OI! The St-Patrick’s Weekend!

Queenstitt ///

Publié dans Reportages | Tagué , , , , , , , | Laisser un commentaire

Dure Réalité vous présente la Revolutionary Reggae League

Reggae clash

Dure Réalité lance son premier tournoi de « sound clash » où des soundsystems reggae s’affronteront lors de soirées mensuelles au Studio Backstage. Dès juin prochain, tous les premiers samedi du mois, deux soundsystems s’affronteront et ce sera le public qui déterminera le gagnant de la soirée. C’est donc en décembre prochain que nous saurons qui sera couronné vainqueur de la première édition du Revolutionary Reggae League!

La période d’inscription pour les personnes intéressées à participer à la Revolutionary Reggae League commence donc aujourd’hui.

Vous trouverez ci-bas toutes les informations concernant le tournoi, les règlements, ainsi que le formulaire d’inscription.

Vous avez jusqu’au dimanche 15 mai pour vous inscrire!

Très important : Règlements Clash Reggae

Publié dans Annonces, Revolutionary Reggae League (RRL) | Tagué , | Laisser un commentaire

Review- I’ve got 99 problems but feminism ain’t one

80d94593082e33c9518f7dd8978f11bc

Fidèle au poste, comme chaque année depuis maintenant 6 ans, le collectif Montreal Sisterhood a organisé une soirée d’activités afin de souligner la Journée internationale des femmes. Cette année c’est au Divan Orange que ça se passait, sympathique salle, bien choisi pour la conférence et le concert Hip Hop, dont les dimensions étaient parfaites pour la masse de gens qui s’y est pressée durant toute la soirée.

La conférence

Animée par Melihat Tat, femme d’origine kurde et étudiante en droit, la conférence Femmes kurdes et révolution, qui promettait déjà avec ses 831 intéressées, a brillé par sa popularité et son intérêt général.

12711213_1751972221704015_5895982168475735346_oLa première partie de la conférence portait sur le parcours des femmes kurdes dans le
combat contre Daesh, du début du PKK, de leur parcours comme combattantes jusqu’à la création de leur propre organisation militaire, la YPJ (unité de protection des femmes). Les femmes kurdes doivent non seulement affronter les terroristes, mais aussi leur réalité en tant que femme au combat. Comme la conférencière le nommait, le viol de guerre étant pratique courante, les femmes survivantes continuant à se battre devront vivre avec les séquelles laissées par un tel traumatisme. Enfants sur le dos, enceintes, elles paient de leur vie ce combat acharné, se sacrifiant même en commettant parfois des attentats suicides en dernier recours pour tuer les intégristes de l’État Islamique.

Quelques 50 spectateurs additionnels plus tard, oui oui, des gens du fond de la salle jusqu’à l’entrée!

La deuxième partie de la conférence portait sur la place des femmes kurdes dans leur communauté, leur démarche vers un statut laïque, ainsi que les rôles qu’elles jouent dans l’organisation révolutionnaire.

Les images du support visuel montraient des femmes d’un certain âge tatouées au visage et aux mains, ces femmes jouant le rôle de guides auprès de leur communauté. Femmes tuées au nom du code d’honneur, un code non écrit, promu et perpétré par des hommes. Les femmes kurdes se sont liguées contre le fondamentalisme religieux et veulent changer le statut de la femme au Moyen-Orient, veulent changer comment elles vivent, armes à l’épaule, elles ont révolutionné l’image de la femme orientale. Ne me libère pas, je m’en charge, elles en sont carrément la matérialisation.

 La conférence fut un franc succès, suivi d’une période d’échange et de questions, il restait encore quelques heures à tuer avant le concert. Comme la vie est bien faite, cette soirée était aussi une soirée de lancement pour la deuxième édition du Smash it Up, plusieurs personnes ont utilisé ce temps libre à bon escient, en lisant le fanzine sur le thème de la réappropriation du corps en sirotant une bière. D’autres sont parti-e-s, d’autres ont acheté un des nouveaux t-shirts du Montreal Sisterhood arborant un poing américain autour duquel est écrit Feminist ’til I die. Le temps entre les deux activités est passé relativement vite et la salle est restée assez pleine pendant ce laps de temps.

I’ve got 99 problems but feminism ain’t one

12741870_1754840674750503_1719019603517865447_n

21:44 : La salle est pleine, il y a tellement d’effervescence que même les murs en suintent. Croped tops, bling, studs, bottes de plein air et gilets de laine, têtes rasées et couronnes de lauriers, la foule était diversifiée, c’est le moins qu’on puisse dire!

22:10 : Le concert commence enfin, avec un peu de retard, que voulez-vous, c’est l’heure
de la gauche quand même! Shadow Hunters a ouvert la scène, 9 hommes badass qui
rappent en espagnol. Intrus modernes, lourdes, limite trap/dubstep pour certains
morceaux, un poème en espagnol a été lu a capella. On a pu y entendre des propos tels que « Femme, tu te bats pour le pouvoir que tu mérites ». Bien qu’en espagnol, certains mots clés nous permettaient de décoder un caractère très politisé à leurs paroles. Ils ont clos leur prestation avec « Pis fuck les machista!!! » très legit comme premier groupe, masculin d’autant plus!

23:00 Ella Grave et Lakoche montent sur les planches accompagnées de leur DJ. Les années 90 sont réellement revenues à la mode et certaines personnes le portent si bien qu’elles nous font oublier les leggings à élastiques et les épaulettes. C’est le cas des 3 femmes qui ont pris le micro et les platines, rouge à lèvres noir, chaînes en or, jersey trop grand, elles nous ont balancé un son lourd, bien calculé et très badass Feminist Gangsters, voilà tout. Pleines d’énergie et d’attitudes, leur prestation était définitivement de qualité et impressionnante.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

23:30 Le duo Caro Dupont et Kenlo a allégé et rafraîchit l’atmosphère avec leurs beats inspirés de classiques funk et leurs paroles, en français, rigolotes et pleines de références à la culture québécoise et à leur génération. C’est avec le sourire aux lèvres que la foule de « vieux loups, jeunes loups, parents, étudiants, grand-mères, jeunes filles, petites filles » (sic) a applaudi le duo des homies de Hochelag’!

23:51 « Synchronize but do not patronize ». Strange Froots, un trio de 3 magnifiques femmes aux longs dreadlocks et aux voix chaudes a terminé le spectacle avec des morceaux par et pour aux rythmes africains, hip hop et aux textes définitivement sans compromis. À partir de leur deuxième morceau, le stylo et le cahier de notes fût délaissé pour uniquement apprécier la qualité et la pertinence de ce dernier groupe. BIG UP même avec les majuscules n’est pas assez pour exprimer mon appréciation, surtout lorsque le dernier track est le cover de Doo-Woop de Mrs Lauryn Hill.

Cette année, le thème du féminisme intersectionnel a vraiment pris tout son sens avec le choix de la conférence et des groupes, ce qui a favorisé une masse de gens tout aussi diversifiée. Félicitation aux organisatrices et au Montreal Sisterhood pour un autre 8 mars plus que réussi!

Féministes tant qu’il le faudra, bon 8 mars à toutes les femmes!

Père Bernier ///
Photos C. Martin

Publié dans Critiques, Reportages | Tagué , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Ta main sur mon cul, ma main sur ta gueule 

Le-tee-shirt-rigolo-contre-les-dragueurs-lourdsPublié ailleurs est une chronique dans laquelle nous vous présentons des articles déjà parus dans d’autres médias, mais que nous trouvons néanmoins pertinents à republier. Celui-ci provient du deuxième numéro du Smash It Up!, fanzine du Montréal Sisterhood lancé le 8 mars 2015. 

Réflexion sur l’usage de la violence face aux comportements et agressions sexistes

Dans les derniers mois, le sujet du harcèlement de rue a été considérablement mis en lumière. En effet, ces commentaires, gestes et comportements sexistes subis par les femmes dans les espaces publics ont suscité des discussions.  Ainsi, les réactions des femmes ont été abordées : silence, stratégies d’évitement mais aussi … auto-défense. Ainsi, est revenu le débat sur l’usage de la violence en réponse aux attaques sexistes. Bien que cette question se pose aussi pour différents types d’attaques comme celles racistes, homophobes, transphobes ou autres, la réponse violente au sexisme dérange souvent. Voici notre réflexion sur la question.

if_i_had_a_hammer

Qu’elle soit verbale ou physique, on cherche à comprendre le sens, la pertinence et l’impact de cette stratégie. Pour certain-e-s, la violence est nécessaire dans une perspective d’auto-défense et quand le dialogue est impossible. Pour d’autres, la violence devrait être évitée le plus possible puisque nous voulons que celle-ci disparaisse de nos rapports sociaux. Si nous croyons que l’éducation populaire est certainement la méthode idéale afin d’amener des réflexions et inciter le changement, force est d’admettre que celle-ci ne s’applique pas à tous les contextes. Que faire avec un gars relou dans un party ? Avec une main baladeuse dans un show ? Avec des commentaires dégueux dans la rue ?  En effet, le sexisme ordinaire, on le vit dans notre milieu de travail, à l’école, dans la rue, dans nos activités sociales, et ces lieux et/ou situations ne sont pas toujours propices à de réelles discussions, auxquelles les deux parties sont intéressées de participer.

sisterhoodPour nous, la violence constitue aussi une stratégie d’autodéfense légitime puisqu’elle est en riposte à une violence qui nous a été imposée. Elle permet aux femmes de s’approprier ce moyen de défense dans une optique d’empowerment où elles prennent contrôle de la situation et  de l’espace. Elle permet  de démontrer sa force, mais aussi de déstabiliser l’autre et de rendre la situation sécuritaire.  Contrairement au silence, la violence a, selon nous, un effet à court terme, mais aussi à long terme puisqu’elle détruit des stéréotypes et enclenche une réflexion.
Certain-e-s diront que la violence est une attitude patriarcale ou autoritaire. Nous croyons que ce genre de commentaire renforce les stéréotypes. La violence est masculine que si nous voulons qu’elle le soit. Elle est une pulsion non-genrée, qui est ressentie autant chez les hommes que chez les femmes, mais on s’attend à ce que ces dernières discutent davantage. Lorsque des femmes qui utilisent cette méthode, comme ce n’est pas des caractéristiques socialement attribuables à celles-ci, le renversement du stéréotype semble inconfortable pour certains et chercheront une explication qui permettra de nous caser dans des normes sociales. On essaiera parfois de nous abaisser à « crisses de folles » ou à des personnes trop émotives, etc.,  afin de réduire notre action. Cela ce qui réaffirme d’ailleurs l’idée selon laquelle la dépossession des femmes de la force ou de la violence consiste en une stratégie de maintient de vulnérabilité.

6290538 Dans les milieux de gauche, il y a une certaine glorification de la violence lors de confrontation avec des nazis, des fachos, des scabs, des flics ou des réacs. Ce type d’action n’est pas remis en question et ne le serait pas non plus dans le contexte où une personne racisée, par exemple, souhaiterait se défendre. Mais nous, quand on utilise la violence, nous sommes «trop intense». Oui, le sexisme est réel et nous fait violence quotidiennement. Notre réaction agressive est légitime puisqu’elle n’est que le reflet de celle-ci.

Pour terminer, la réalité est que parfois nous préférons garder  le silence devant ce type d’attaque, car oui, nous pouvons avoir peur, ce qui est tout à fait normal. Il faut se sentir à l’aise de prendre des moyens qui nous conviennent. Toutefois, cette peur est bien souvent reliée à la confiance que nous en nous même puisque nous avons été conditionnées ainsi. L’organisation d’activités non-mixtes d’auto-défense ou de sports de combat est entre autres, un bon moyen pour pousser ses limites, prendre conscience de sa force, développer sa confiance en soi et en les autres.

Montreal Sisterhood 

Publié dans Chroniques / Éditoriaux, Publié ailleurs | Tagué , , , | Laisser un commentaire